Rentrée, J+6 !
Voilà quelques brouillons qui commencent à s'accumuler dans la boite d'envoi du blog, pour la simple raison que j'ai commencé beaucoup d'articles sans prendre le temps de les finir. Pourtant, il y a plein de choses à raconter, j'espère pouvoir, tel Marcel, retrouver une partie du temps perdu !
Bon, l'évènement principal pour un blog dont le sous-titre fait référence aux "tribulations d'un jeune prof", c'est bien évidemment la rentrée. Rentrée décisive de surcroit, puisqu'il s'agit de ma première vraie rentrée en tant que titulaire, un vrai. Exit le stage, la connasse de tutrice, le stress des inspections et du mémoire, les séances d'IUFM pour professeurs anonymes... Maintenant, et pendant un petit moment, je l'espère, on va me laisser exercer mon métier, comme un grand.
Et ça fait du bien.
Je craignais beaucoup le collège/zoo dans lequel j'ai été, malheureusement, affecté, et ce pour plusieurs raison: la distance, les élèves (soyons clairs: ce collège est un dépotoir dans lequel on envoie les gosses dont on ne veut plus dans le public), l'ambiance morne, voire délétère... Je crois même pouvoir dire que cette nomination m'a à moitié pourri mon été, tellement j'appréhendais de me retrouver dans un remake catalan de Prison Break !
Finalement... Si j'ai le temps, je reprendrai et mettrai au point les différents brouillons, mais après une semaine de cours, pour le moment ça va à peu près, comparativement à ce à quoi je m'attendais:
- Des effectifs réduits: deux classes de cinquième (17 et 19 élèves) et deux de troisième (12 et 13 élèves), ce qui permet quand même de calmer considérablement le jeu.
- Une hiérarchie qui a l'air de tenir la route pour le moment: en parlant des zozos qui me soulaient au CPE, il a quand même été capable de me donner, pour chacun d'eux, leur pedigree: situation familiale, parcours scolaire... Pour un gars qui gère un collège de 200 gosses, c'est pas mal.
- Des collègues...difficile à dire: plan-plans, engoncés dans leur quotidien (ma salle, mon effaceur, mon casier, mes feutres...) mais gentils. Jusque là, je n'ai pas trop l'impression que ça se tirait trop dans les pattes ou autres. Bien entendu, on est loin du foutoir productif de mon ancien lycée, que je préfère largement d'ailleurs, mais je craignais que cela fût bien pire. Au rieque de choquer certaines, je crois que c'est en partie grâce au fait qu'il y a un petit noyau de jeunes profs mecs, de toutes les matières. Ca assainit, me semble-t-il, les éventuelles tensions, en mode "si t'as un problème, on s'explique et on règle ça une bonne fois pour toutes." J'aime bien.
- Venons-en au plus croustillant: les élèves. Alors que j'avais commencé à me renseigner sur le prix des gilets pare-balles, je me suis aperçu que ça allait. De bonnes troisièmes (attention, note pour les non-enseignants: ils sont nuls, mais ils sont cools, c'est ce que j'entends pas "bonnes troisièmes"), une très bonne cinquième. Et la cinquième 3.
Et celle-là, elle va me souler. Les non-enseignants savent peut-être qu'une bonne partie de l'année se joue au cours la première heure. Et là, je me suis raté, et c'est même pas de ma faute: un problème matériel à régler qui m'a pris dix bonnes minutes, le soufflé est retombé pendant ce temps et pour rattrapper ça c'est l'horreur. Ma classe la plus nombreuse, et je m'aperçois qu'ils sont TOUS mauvais. pas un élément plus malin, fin, cultivé que les autres. Soit ils sont calmes mais apathiques, soit ils parlent tout le temps, soit ils mettent le bordel.
Le ton a été vite donné: en leur demandant de me noter dans l'éternelle fiche dans quel collège ils étaient l'an dernier, y en a un qui a demandé: "Eh M'sieur, j'en ai fait trois de collège, je marque lequel ?" Maintenant, ça me fait marrer. Sur le coup, j'avoue que ma zenitude s'en est trouvée quelque peu ébranlée.
Adoncques je sévis. Puisqu'ils sont putes et qu'ils ne veulent rien foutre, je vais me mettre sur le même mode qu'eux. C'est le bras de fer, et il y a même une très nette amélioration: de six colles en une heure vendredi, je n'en ai mis que deux ce matin ! J'ai quand même l'impression d'être un dresseur, plus qu'un prof.
Donc le bilan, au bout d'une semaine de cours, est très globalement positif: hormis le zoo de la cinquième 3, ça se passe bien. Et c'est super formateur: ça oblige à la fois à être réactif et à aller droit au conflit quand il le faut, sans tergiverser. Ce côté brut de décoffrage me manquait, il sera peut-être dur à tenir sur la distance, mais pour le moment ça va.
Suite au prochain numéro. J'essaierai d'être plus régulier.