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26 septembre 2008

Well done, Jules !

Sans trop y croire, j'avais fait une demande pour être admis en deuxième année d'anglais. C'est une prof qui m'avait suggéré ça, en voyant que je me spécialisais sur Steinbeck. Sans trop y croire, j'avais demandé et rempli un dossier à la hussarde: bazardé les photocops de tous mes bulletins de note (ce qui faisait déjà un dossier d'un cm d'épaisseur, hein), avec CV, lettre de motiv et tout le tintouin.
Honnêtement, j'espérais seulement être dispensé de quelques cours de la première année.
Mais non, j'ai reçu le dossier hier par poste (alors que je n'avais donné aucune enveloppe timbrée: en 6 ans de fac, j'estime qu'ils peuvent bien me payer une enveloppe), qui me confirmait mon inscription en DEUG II. En clair, j'ai une première année offerte.
Trop bien.
Maintenant, il reste à assurer les cours que je devrai rattrapper, je sens que ça va être un peu la merde, mais je vais voir comment négocier tout ça. Après tout, je ne suis pas pressé, je ne fais ça que pour 1/ ma propre culture, 2/ mon CV, donc on est entre adultes, ce n'est pas comme en fac de lettres, où je devais bouffer et bosser à côté. Là, c'est que du plaisir, et je dois sérieusement me remettre à niveau.
Toujours bon de relancer la machine par un autre côté, et peut-être, si elle existe encore à ce moment-là, pourrai-je passer une mention complémentaire pour être prof de français ET d'anglais ?
We'll see.

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24 septembre 2008

Une belle surprise

La semaine dernière, pendant la formation de Montpellier, j'avais lancé sur le ton de la plaisanterie: "mercredi prochain, c'est mon anniversaire, je veux des gâteaux et un gouter !"
Mais quand je dis que c'était de la plaisanterie, c'en était vraiment: nous, jeunes profs du département, sommes régulièrement réunis ici pour une série de cours qui n'ont rien à voir avec nos disciplines. Une trentaine de gens qui ne se connaissaient pas il y a un mois, et qui n'ont passé qu'une dizaine d'heures ensemble, quoi. L'ambiance est bonne, mais je ne m'attendais à rien en lançant cette vanne.
Et pourtant. En arrivant mercredi, avec une certaine résignation, il faut bien l'avouer, je ne compris pas pourquoi certains me souhaitèrent un bon anniversaire. "Sympa de l'avoir retenu", pensai-je. Puis, au cours du module, la prof glissa une allusion qui aurait dû me faire tilter: "bon allez, maintenant c'est la pause, il y a une histoire d'anniversaire je crois". J'ai pas relevé, et pourtant, en arrivant dans la salle de pause, un gouter m'attendait. Tous s'étaient fait passer le mot pour amener qui un coca, qui un gâteau, qui des verres etc...De sorte qu'ils m'avaient pris au mot et que j'ai eu droit, de la part de personnes que je ne connaissais pas plus que cela, à une véritable fête d'anniversaire. L'info et l'organisation étaient passés par mail à l'insu de mon plein gré.
C'est émouvant, ces petites choses...

13 septembre 2008

Les week-ends du prof

Ouais, parfaitement, les week-ends du prof. Pour le moment ils sont assez tranquilles.
La semaine dernière, je l'ai pris trop cool. J'me suis dit, c'est la première semaine, j'ai du temps libre, j'aurai le temps de voir venir, et bilan des opérations, j'ai rien branlé. Bien mal m'en a pris parce que ma semaine a été fagotée assez bizarrement, au final.
Mais bon, rien de dramatique, au contraire, ça va de mieux en mieux. Je commence à me sentir à l'aise dans ma classe, à savoir gérer des petits trucs débiles qui me stressaient (la voix, les déplacements, l'écriture au tableau...) et je commence à mesurer l'étendue des choses qu'il me reste à apprendre: la gestion du temps, la synthèse du cours, l'oral des élèves, les coups de gueule à doser, être à l'aise avec mes notes...mais je me fais confiance, ça viendra.
Non, vraiment, seconde semaine assez satisfaisante. je me détache petit à petit du sacro-saint cadran des séances que je m'étais fixé pour m'attacher davantage sur la compréhension des gosses, sur le passage et la restitution des infos, je commence aussi à être à l'aise dans le lycée, à y trouver mes marques. Et donc, comme j'ai pris du retard, forcément j'ai de l'avance sur ma semaine, je peux donc prendre le WE assez cool, et j'en avais bien besoin. D'autant plus que je commence mercredi ma formation à 150 bornes de chez moi, et ça, ça me gonfle vraiment parce que 1/trajet, 2/ ambiance pas mauvaise, mais moins bonne qu'ici, 3/pas mon pote John avec qui faire le con.
Toujours pas de box. ces gens-là sont cons à manger du foin, je commence vraiment à les conchier. Youjours planqué au MacDo, comme un voleur dans ma bagnole. C'est ridicule à souhait, mais enfin...
Bon allez, suite au prochain épisode.

5 septembre 2008

Bienvenue chez les seconde 9 !

Bon, ça y est. le pire est fait: je les a rencontrés, c'est cool.
J'ai passé une des nuits les plus atroces de ma vie, j'ai dû dormir 1h30 à tout péter, tellement je n'arrivais pas à dormir. A 4h30, j'ai pris un somnifère, et j'ai commencé à sombrer après que les poubelles sont passées. D'où ma surprise plus tard, en m'apercevant que j'étais relativement frais.
Donc arrivée au lycée à 13h, pour discuter avec la tutrice, faire des photocops, repérer la salle, saluer les collègues...Et enfin, à 14h, face à face avec mes 20 gamins. Une majorité de filles, quelques garçons disséminés à gauche à droite. Quelques minutes pour retrouver mes repères, et c'est parti.
Ils sont gentils.
Si ce n'est une gamine que j'ai préféré déplacer, tout s'est bien passé. Ca tchatchouille un peu, mais rien de méchant: pas de quoi pousser un brâme. Ils participent, quasiment tous ont parlé pendant le cours...Ils n'ont pas paru bien sensibles au texte que je leur racontais, ma séance était un peu bancale, pas super bien bouclée, pas top mais au moins j'ai fini dans les temps.
Premier contact positif, finalement. Je sens qu'ils observent, ils veulent voir à qui ils ont affaire, ils testent.
Se méfier de l'eau qui dort, mais pour le moment inutile de serrer la vis pour rien.
Je vais pouvoir dormir...

3 septembre 2008

Tempête sous un crâne

Ca fait un bail que je n'ai pas alimenté le blog. Avec la pénurie d'internet, nous sommes obligés de nous sevrer, et c'est dans les quelques endroits où je trouve une connexion que je consulte les informations principales: mes comptes, mes mails, etc...
Plein plein de choses en dix jours. En peu de temps, ma vie a pris un gros coup. J'ai donc été affecté. Une classe de seconde dans un grand lycée très BCBG de chez moi, alors que je m'attendais à un collège. Et des 1L pour quelques cours à droite à gauche. Techniquement, j'aurais pu tomber pire: nous sommes peu à avoir atterri en lycée, en plus c'est un bon établissement, dans lequel la discipline sera, je l'espère, respectée. J'ai assisté à la prérentrée, où j'ai été plutôt bien accueilli. L'emploi du temps n'est pas trop dégueulasse, les collègues sont sympas.
Il reste qu'à deux jours de donner mon premier cours, c'est tempête sous un crâne: est-ce bien ce métier que je veux faire ? Y serai-je heureux ? Pourrai-je m'y épanouir ? Ma place n'est-elle pas ailleurs ? Suis-je prêt à passer plusieurs dizaines d'années à faire les mêmes choses ?...Il y a des moments où j'ai envie de fuir, de démissionner, de tout quitter, de me casser de ce bordel. Le CAPES, ce n'est rien, en comparaison de l'angoisse qui m'envahit alors même que je n'ai pas pris contact avec mes élèves...Je préfèrerais encore me retaper une année d'agreg.
C'est dur, d'endosser une carapace d'adulte, et de quitter progressivement le doux cocon d'étudiant que je m'étais fait. Certes, il commencait à se craqueler sérieusement, il était temps d'opérer quelques changements, mais là tout s'enchaîne si vite, sous est si soudain, semble tellement définitif... Rien n'est définitif, rien n'est grave, mais c'est angoissant. Je fais le malin, bien souvent, mais les amis voient bien que je suis mort de trouille. Mais tout quitter maintenant serait une terrible défaite sur moi-même. Quoi qu'il se passe, et j'espère que je relirai ce mot en riant dans quelques mois, il faut le faire de tout mon coeur, sans abandonner le combat d'avance.
Donc haut les coeurs.

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