Balade au parc
Je ne sais pourquoi je nourris, depuis mon enfance, un amour irraisonné pour les parcs publics. Les vrais, hein, pas les petits champs de gazon infâmes posés là comme des étrons entre deux feux rouges. Non, les vrais de vrais, ceux dans lesquels on peut se poser sur un banc pour lire, regarder les gens qui passent, observer que ce platane centenaire a bien poussé depuis la dernière visite la semaine précédente, se dire que les voitures et la ville ça pollue et que les villes, décidément, ça devrait vraiment être à la campagne sauf que si on n'avait pas ce bruit de fond de klaxons et de moteurs on s'ennuierait...
Donc hier, au lieu d'aller faire un tour dans nos vignes, c'est donc dans le parc perpignanais que nous nous sommes posés, entre un platane, un marronnier et un gingko-biloba, qui d'ailleurs, s'il n'en est pas un, l'imite foutrement bien. Je regrettai d'ailleurs de 1/ne pas avoir pris de bouquin, et 2/ne pas avoir davantage profité de cet endroit charmant pendant l'époque épique où nous habitions en centre ville. On était bien, sans parler, à observer ce microcosme artificiel et pourtant tellement charmeur, presque le "jardin de Lenôtre, Correct, ridicule et charmant" cher à
Verlaine.

