L'hôpital de Perpignan
Dieu merci, je ne l'ai que rarement fréquenté. Je n'ai jamais été un téméraire.
En revanche, on m'a avait beaucoup parlé de l'état déplorable de son service d'urgence. Hier soir, j'ai pu l'expérimenter. Situation docteurhaoussienne: boeuf et belle-soeur se vautrent en scoot. Par précaution, et puisque mademoiselle est enceinte, direction les urgences, puisqu'on sait jamais...
Et donc, arrivée à 20h30 environ dans l'hôpital de Perpignan. J'ai compris de suite: un couloir crado avec quelques chaises faméliques, dont la majorité avaient été privées de leur assise d'ailleurs, mal éclairé, donnant sur un immense chantier dégueulasse. Et on attendait, comme des cons. Par chance, les deux Fangio ont été pris de suite, et j'ai attendu jusqu'à 23h environ que les soins adéquats leur fussent administrés: en attendant, j'ai eu le loisir de constater la faune qui frquentait, de nuit, les urgences: une majorités d'alcooliques, de toxicos, quelques gosses amenés là par leurs parents affolés, des flics qui ramènent un mec menotté...Tout cela s'alliait à merveille avec les gitans qui se roulaient un pétard tranquillement, assis sur les bancs pourris. Au moins, il y avait une machine à café, je n'avais pas tout perdu.
Et j'ai eu un éclair de génie: dans ma voiture se trouvait mon kit mains libres, donc j'avais une radio que je me suis empressé de brancher. En reconnaissant le Couronnement de Pompée, je me suis remis à ma place, observant ces couloirs glauques, regardant le passage de tous ces gens paumés, blessés, perdus...tout en ayant l'impression que la musique de Monteverdi s'infiltrait petit à petit dans mes veines. A 23h30, les deux jeunes sont sortis, et après un bref passage dans le service de gynécologie, qui nous a confirmé que oui le bébé allit bien, et que finalement il y avait eu plus de peur que de mal, nous sommes rentrés.
J'étais presque triste de partir.




