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20 avril 2008

Les temps changent

Et ça fait bizarre de voir que les choses évoluent, que la terre tourne alors qu'on a tendance à se complaire dans un quotidien. Depuis deux ans j'ai un peu décroché des interrogations à cause de ces concours, mais maintenant que la rigueur des révisions se fissurent, je me rends de plus en plus compte que les choses évoluent. Jérome en est à sa deuxième petite, qui a déjà deux ans; Max se rend compte qu'il va progressivement décrocher de la bio, et ils attendent, eux aussi, un bébé; mes anciens élèves de cours particuliers vont débarquer dans le supérieur; moi-même je serai un jeune prof d'ici quelques mois, avec mes cours à écrire, des copies à corriger, conseils de classes et réunions parents/profs...Nous quittons ce statut amusant d'étudiant pour nous intégrer dans les rouages de la vie active. Et nous commençons à envisager un déménagement pour la fin de l'année, afin d'avoir une vraie chambre et un vrai bureau, dans un nouvel appart que nous assumerons entièrement. C'est marrant. Ca fait plaisir, mais ça fait peur aussi. Peur d'enchaîner les compromis, de devoir systématiquement ménager la chèvre et le chou, de ne pas faire les bons choix aux bons moments. J'ai peur de négliger le piano et de n'être jamais en mesure de jouer les Goldberg intégralement comme je me l'étais promis, à cause du travail monstrueux qui me reste à fournir; ou de ne pas visiter l'Islande en chantant du Bach à tue-tête; ou de ne pas réussir à commencer et terminer une thèse dans les temps; de ne pas élever mes gamins correctement; ou que c vieux rêve de Bretagne ne soit qu'une mascarade... C'est dans ces interrogations que se situe la bonne amorce de solution, mais cette transition entre vie étudiante surprotégée et vie active où tous les coups sont permis. Enfin, wait and see.
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14 avril 2008

En direct de la BU

Les affaires reprennent, une bonne journée après un WE bad trippant, de mauvaise récupération. Le plan du a) du 1) du grand 3 a été pondu en moins d'une heure et demie, après avoir respecté le rituel arrivée dans la bibliothèque, petit café, déballage d'affaires. Maintenant, reste à le rédiger, je vais essayer de le faire directement à l'ordi, au lieu de passer par le truchement du cahier, ça me ferait gagner beaucoup de temps. L'objectif: terminer avant fin avril ce truc-là, et bien avancer le travail de traduction, que j'ai commencé cet après-midi. Cette cadence serait la bonne, je m'entends bien avec mon collègue, c'est bien. Très bien. Enfin un truc qui m'intéresse vraiment, ça faisait longtemps...
12 avril 2008

C'est fini

Enfin, c'est terminé. Je suis épuisé, mais content d'avoir traversé ces épreuves. Y a eu du très dur et du faisable, pas de facile. Mais j'ai essayé de tout faire, même si je pense honnêtement que je suis trop just. On verra. Quand j'en aurai la patience, je mettrai les sujets en ligne. Pour le moment, le but de la manoeuvre c'est de récupérer du sommeil perdu. Je suis épuisé, je sens que la fatigue commence à ébranler toutes les défenses et qu'il me faudra une bonne semaine pour me remettre de cette session agreg 2008. Ce fut formateur, quoi qu'il en soit. Bon allez: littérature française: "Les routes de Julien Gracq ne mènent nulle part. Si elles ont un terme, il est sans importance, et jamais le récit n'y aboutit parce que l'essentiel est ailleurs. Mais cet ailleurs, seule la route peut le désigner. Elle ne le nomme pas, il est innommable. Elle le fait seulement pressentir et le récit se limite à enclencher des mécanismes, à faire jouer des déclics qui remagnétiseront l'espace pour mieux nous aimanter. Sur les routes de Julien Gracq s'inscrit le trajet d'une fascination. Le but géographique est dérisoire, la finalité est d'ordre mystique, à tout le moins philosophique, c'est d'initiation qu'il s'agit. La révélation est au bout du chemin, mais au fil du parcours, chacun comprend que le chemin, jamais, ne finira et que tout tient dans la promesse." littérature comparée: "Le lieu de naissance du roman est l'individu dans sa solitude, quine dispose plus d'expression exemplaire de ses intérêts les plus vitaux et qui, n'étant conseillé par personne, est lui-même incapable de conseiller qui que ce soit". latin: Ager in medio harenosus, una specie; neque flumen neque mons erat, qui finis eorum discerneret. Quae res eos in magno iuturnoque bello inter se habuit. Postquam utrimque legiones, item classes saepe fusae fugataeque et alteri alteros aliquantum attriueret. ueriti, ne mox uictos uictoresque defessos alius aggrederetur, per indutias sponsionem faciunt, uti certo die legati domo proficiscerentur: quo in loco inter se obuii fuissent, is communis utriusque populi finis haberetur. Igitur Carthagine duo fratres missi, quibus nomen Philaenis erat, maturauere iter pergere, Cyrenenses tardius iere. Id socordiane an casu acciderit, parum cognoui. Ceterum solet in illis locis tempestas haud secus atque in mari retinere. Nam ubi per loca aequalia et nuda gignentium uentus coortus harenam humo excitauit, ea magna ui agitata ora oculosque implere solet: ita prospectu impedito morari iter. Postquam cyrenenses aliquanto posteriores se esse uident et ob rem corruptam domi poenas metuont, criminari Carthaginiensis ante tempus domo digressos, conturbare rem, denique omnia malle quam uicti abire. Sed cum Poeni aliam condicionem, tantummodo aequam, peterent, Graeci optionem Carthaginiensium faciunt, ut uel illi, quos finis populo suo peterent, ibi uiui obruerentur, uel eadem condicione sese quem in locum uellent processuros. Philaeni condicione probata seque uitamque suam rei publicae condonauere: ita uiui obruti. Si je trouve le reste déjà prêt, je le mettrai. Que du bonheur non ?
5 avril 2008

Ballade au Cap Béar

« Homme libre, toujours tu chériras la mer. » (Noter d’ailleurs la construction syllabique 4/2//4/2, qui vient mimer le balancement des vagues.) Je repense toujours à ce superbe vers lorsque je me rends à cet endroit magnifique, chaque fois que j’ai un coup de blues ou besoin de reprendre des forces. J’avais envie, à deux jours des épreuves, de revoir cette force des éléments, cette inaltérabilité du mouvement, qui se fout bien de savoir si j’aurai ou non mon agreg, de savoir même si je suis vivant ou mort. Simplement ainsi. Ca me rassure de sentir quelque chose qui me dépasse, un mouvement perpétuel qui finira tôt ou tard par m’englober et auquel je prendrai part, d’une manière ou d’une autre. Tout abandonner et retourner enfin à la terre-mer. Ca aide à relativiser les petits soucis du quotidien, en me rappelant à quel point je suis ridicule. La mer et la roche. Un combat éternel, le mouvement d’action et de réaction, d’élévation et de chute. Ces deux éléments m’ont toujours à la fois terrifié et fasciné. Leur alliance rappelle le primitivité de la nature. D’où mon goût pour l’Islande, terre de feu et de glace, de roche et de mer. Au milieu des éléments, quelle importance revêt ma petite vie ? Ca y est, le petit sac est en préparation. Voiture vérifiée (pas le moment de serrer le moteur !), paperasses, trousse, dictionnaires, quelques fiches, petits trucs à bouffer pour midi, à mi-épreuve. Si j’y pense, je prendrai mon diabolo, pour aller à la plage le soir. Soit footing, soit diabolo on the beach, ça me fera du bien. Chaque période difficile de ma vie aura été accompagnée par ce petit jouet qui ne ressemble plus à grand-chose. Je me demande si quelqu’un a déjà écrit une métaphysique du diabolo. Je suis certain qu’il y aurait plein de choses à dire. Le jouet dont l’intérêt réside dans l’équilibre et la rotation. L’apprentissage du juste milieu, quoi. DSCF3342 DSCF3354 DSCF3379 DSCF3381DSCF3361
4 avril 2008

J-3

Putain, c'que j'ai pas envie d'y aller... J'arrive pas à me projeter dans le truc, c'est un mauvais cap que cette semaine de concours qui s'annonce. Plus ça va et plus je me demande si ça vaut vraiment le coup de se battre. Je ne me souviens plus dans quelle dynamique j'étais l'années dernière, mais là c'est vraiment dur dur dur. Je repense à Vendredi, pour m'encourager. Une après midi à piocher des bouquins, un retour à la maison avec un crochet à Valras, un peu à la manière de Simon, du travail pasionnant en perspective. Mais d'ici là, ces foutues épreuves de l'agreg. Fait chier. J'ai peur de pas arriver à trouver le sommeil. Peur de sécher devant un sujet de dissert de merde, ce qui ne manquera pas de tomber. Peur d'oublier un tas de trucs dans les grammaires. Peur de cette version de latin à laquelle je vais comme un boeuf à l'abattoir. Peur de prendre un gros coup au moral, en fait, et de décevoir certaines personnes. Donc prendre du repos, et se faire plaisir maintenant, parce passé demain soir ce sera trop tard. Je viens de réaliser que je n'avais pas pensé aux céréales et autres merdes vitaminées qu'il faut prévoir pour les épreuves. Demain. Ce matin, retour à l'académie Bach, continué mon Mozart sur un kawai. Près d'une heure à me faire à ce piano de merde, horrible. Ca reste toujours mieux que le clavier...Enfin, ça fait du bien de se replonger dans le piano. ce sera un investissement, clair et net, l'un des premiers de ma vie de grand. used_steinway_and_sons_grand_piano_ebony_black_finish C'est fou comme tous les soucis se dérouillent dès que je me consacre à la musique. Une grande fenêtre ouverte qui vient souffler les toiles d'araignées qui encombrent la tête. Heureusement.
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