20 avril 2008
Les temps changent
Et ça fait bizarre de voir que les choses évoluent, que la terre tourne alors qu'on a tendance à se complaire dans un quotidien. Depuis deux ans j'ai un peu décroché des interrogations à cause de ces concours, mais maintenant que la rigueur des révisions se fissurent, je me rends de plus en plus compte que les choses évoluent. Jérome en est à sa deuxième petite, qui a déjà deux ans; Max se rend compte qu'il va progressivement décrocher de la bio, et ils attendent, eux aussi, un bébé; mes anciens élèves de cours particuliers vont débarquer dans le supérieur; moi-même je serai un jeune prof d'ici quelques mois, avec mes cours à écrire, des copies à corriger, conseils de classes et réunions parents/profs...Nous quittons ce statut amusant d'étudiant pour nous intégrer dans les rouages de la vie active. Et nous commençons à envisager un déménagement pour la fin de l'année, afin d'avoir une vraie chambre et un vrai bureau, dans un nouvel appart que nous assumerons entièrement.
C'est marrant. Ca fait plaisir, mais ça fait peur aussi. Peur d'enchaîner les compromis, de devoir systématiquement ménager la chèvre et le chou, de ne pas faire les bons choix aux bons moments.
J'ai peur de négliger le piano et de n'être jamais en mesure de jouer les Goldberg intégralement comme je me l'étais promis, à cause du travail monstrueux qui me reste à fournir; ou de ne pas visiter l'Islande en chantant du Bach à tue-tête; ou de ne pas réussir à commencer et terminer une thèse dans les temps; de ne pas élever mes gamins correctement; ou que c vieux rêve de Bretagne ne soit qu'une mascarade... C'est dans ces interrogations que se situe la bonne amorce de solution, mais cette transition entre vie étudiante surprotégée et vie active où tous les coups sont permis.
Enfin, wait and see.





