Il ne ramassa pas sa mère, hélas
Les plus assidus fréquentateurs de ce modeste blog se souviendront peut-être de ce cher élève, qui a désormais orné son anonymat d'un patronyme de fort bon aloi, qui avait soutenu mordicus avoir passé son oral du bac français avec un autre examinateur que celui qui lui était échu à l'origine: il se souvenait que c'était un homme qui l'aurait pris sous son aile et dans sa salle pour lui faire passer son oral, vite fait bien fait, pour soulager sa collègue de ce poids. Les moins zélés d'entre vous n'ont qu'à descendre un peu plus bas jusqu'à l'article doucettement intitulé "Ôde à celui qui ramassa sa mère."
Je croyais cette affaire close, mais il n'en est rien: aujourd'hui j'ai reçu un appel d'une brave femme du rectorat, qui me réexplique l'histoire, et qui me redemande si, vraiment, je n'aurais pas fait passer ce charmant jeune homme entre deux élèves. Nouvel élément: c'est normalement ma tutrice qui aurait dû faire passer ce candidat, ne serait-ce pas moi qui aurais, par hasard, voulu soulager un peu ma chère collègue ?
Nouveau refus, et embarras de la dame, qui m'annonce alors qu'il serait possible qu'une confrontation ait lieu au lycée, entre les quatre examinateurs de sexe masculin et l'élève, ce dernier ayant déclaré qu'il serait tout à fait en mesure d'identifier son examinateur (sic.) !
C'est quand même dingue, au point que je suis de nouveau allé vérifier si ce nom-là ne faisait pas partie de mes listes, au cas improbable qu'il ait fait partie de mes candidats et que j'aie oublié de rentrer sa note... Non, tout va bien. J'ai donc scanné tous mes bordereaux de notation (en pensant à chaleureusement remercier ma formatrice IUFM qui nous avait bassinés en nous disant de TOUJOURS garder une trace de nos documents officiels) à cette dame, accompagné d'un petit mot, assez désagréable pour le coup:
"Bonjour,
Voici, comme promis, les bordereaux de notation des élèves que j'ai fait passer à l'oral. Comme vous le voyez, le nom de l'élève concerné ne s'y trouve pas, et _aucun autre_ candidat que ceux indiqués sur ces documents n'est entré dans ma salle. J'espère que ces documents parviendront à confondre cet étudiant peu respectueux du travail d'autrui.
N'hésitez pas à me contacter pour une éventuelle confrontation, je serai ravi de dire à ce jeune homme ma façon de penser."
Il n'y a plus qu'à attendre et à méditer sur l'inpunité.