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Blog de littérature

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15 août 2008

A star is born

DSCF5211 Voici donc un cahier. Un simple cahier à gros carreaux que je vais méticuleusement noircir selon ma méthode habituelle de travail (qui est d'ailleurs, je l'ai appris après coup, la même qu'utilisait Steinbeck), à savoir idées principales sur la page de gauche, et rédaction sur la page de droite. J'ai décidé, sur les encouragements de Sophie et d'Emilie, de rédiger les anecdotes d'un livreur de pizzas. Et oui. Parce que mine de rien, j'ai fait ce travail de 2002 à 2008, j'ai livré des centaines de pizzas à des centaines de gens, et que des anecdotes, j'en ai vraiment un sacré gros paquet. Des histoires marrantes, des petits faits divers rigolos, des événements d'actualité vus dans un oeil de boeuf bien particulier...L'idée est donc d'en réunir environ 25, et de les rédiger pour les publier. Pour le fun aucune prétention de quoi que ce soit. Et d'après la petite recherche que j'ai faite sur sudoc, cela n'a jamais été fait. Seulement, il est hors de question de signer de mon vrai nom. ca ferait un peu tache d'huile sur la lissitude de ma brève carrière universitaire. Adoncques ma chère Hapax m'a trouvé un pseudonyme qui nous a fait assez rire pour que je l'adoptasse: ainsi donc est né Aldo Laceclat, brillant auteur de l'Odyssée du Livreur Solitaire. Ca en jette non ? D'autant plus que ce petit opuscule aura une dimension cathartique: il s'agira d'expulser toute la rage accumulée par ce travail merdique et de le transformer en de belles pages bien cyniques dans lesquelles je me vengerai de tous ces blaireaux. En espérant que je contribuerai ainsi à améliorer la perception que les gens peuvent avoir de leur livreur de pizzas. Amen.
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3 août 2008

Un choc musical

Samedi soir, un autre passe-droit du conseil général nous a permis d'aller écouter, en première loge, un morceau que je n'avais jamais entendu, mais dont le titre me faisait déjà penser le plus grand bien: le Quatuor pour la fin du Temps (1941), d'Olivier Messiaen (1908-1992). Je craignais un peu l'effet "musique contemporaine" en arrivant: une musique tellement hermétique qu'elle en devient inaudible. Mais je voulais quand même m'immerger, d'autant plus que le cadre magnifique de l'abbaye de St Michel de Cuxa le permettait volontiers. D'autant plus que l'on ne s'était vraiment pas foutu de nous: nous étions au premier rang, à moins d'un mètre des musiciens. Après une offrande musicale assez laborieuse et un entracte démesurément long, je commençais à me dire que j'avais perdu mon temps, jusqu'à ce que le clarinettiste du quatuor vienne faire un petit laïus sur l'histoire de cette oeuvre, composée à Verdun et dans le camp de Görlig. Cet éclairage donné, le morceau débuta. Je ne le compris pas sur le moment, mais ce fut une explosion musicale. A la fois un sentiment de malaise, un déséquilibre poussé jusqu'à l'extrême, mais aussi, et surtout, une musique qui dépasse largement les conditions houleuses de sa création. Ce titre faulknérien est on ne peut mieux choisi, ce quatuor célèbre le temps qui ne sera plus, non celui qui verra la fin de la guerre et des vicissitudes de l'hic et nunc, mais celui du jugement dernier. C'est d'ailleurs à partir d'une citation de l'Apocalypse (« Je vis un ange plein de force, descendant le ciel, revêtu d’une nuée, ayant un arc-en-ciel sur la tête. Son visage était comme le soleil, ses pieds comme des colonnes de feu. Il posa son pied droit sur la mer, son pied gauche sur la terre, et, se tenant debout sur la mer et la terre, il leva la main vers le Ciel et jura par celui qui vit dans les siècles des siècles, disant : il n’y aura plus de temps ; mais au jour de la trompette du septième ange, le mystère de Dieu se consommera. » , chapitre X) que Messiaen a organisé son morceau. Toutes ces données échappent à l'auditeur lorsqu'il est traversé par cette musique, car le sentiment de malaise qu'elle dégage le transporte, paradoxalement, vers une grande sérénité, vers un équilibre que l'on finit par trouver progressivement. Ce type de morceau est assez ingrat lorsqu'on ne prend pas la peine de le prendre à bras-le-corps, et je comprends tout à fait que l'on en sorte plus que dubitatif, même si cette oeuvre est quand même assez abordable. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, et je ne dus pas être le seul, à en croire les dix secondes de silence qui suivirent la dernière note du morceau. Une expérience extraordinaire. Image_Quatuor_fin_du_temps
25 juillet 2008

Souvenir d'un bon moment

En faisant le tri des photos de mon téléphone, j'ai retrouvé ces petites photos que j'avais complètement oubliées. Il est bien, ce petit portable, il fait des photos d'assez bonne qualité et il en stocke pas mal. C'est cool. Enfin, cette ballade peut être datée très précisément, car elle est facilement contextualisable. Pendant une heure et demie, je m'étais baladé dans Montpellier alors qu'Emilie passait le concours d'entrée du CRPE, en même temps que quelques milliers d'autres étudiants. Je me suis donc retrouvé seul, dans ce quartier que j'adore. J'avais rejoint le Lez en partant de la fac de LEA, puis j'avais rattrapé la place du nombre d'or avant de monter lire une petite 1/2h dans la grande médiathèque. Je m'étais remémoré avec plaisir les moments que j'avais passés là-bas, à écrire mon mémoire de DEA. Puis retour tranquille au milieu des badauds sur cette grande place qui surplombe l'arche. Pause café dans un petit boui-boui, et retour à la fac d'éco. J'avais oublié ce moment, pourtant j'y avais pris beaucoup de plaisir. Le plaisir de ceux qui n'ont rien à faire qu'attendre et déambuler dans cette grande ville, au cours de cet après-midi grisâtre. _e_SP_A0023 SP_A0025 SP_A0027
19 juillet 2008

Concert de Robin Mc Kelle

Robin_McKelle_01_375 Eh ui, étant donné que du fond de mon bureau climatisé, je gère les équipes qui bossent sur les concerts, il est normal que l'une des têtes pensantes du (très haut) conseil de direction du conseil général ait des entrées libres pour tous les concerts de la saison. Non ? Bon, quoi qu'il en soit, mon pote John et moi avons été autorisés à assister en VIP à ce concert. Ce n'est pas Coltrane, mais nous ne vivons pas à New-York non plus. c'était quand même une bonne aubaine que de voir ce concert. Quatre personnes sur scène: la chanteuse, normal; un pianiste, un contrebassiste et un batteur. Vraiment bien, je craignais en arrivant que ce concert soit trop élitiste et réservé à quelques experts du jazz, en laissant les novices (dont je fais partie) sur le carreau. Pour reprendre une expression d'une nana du bureau, j'avais un peu peur de la "métaphysique du saxophone." Finalement non, ça passait très bien, ces mélodies. J'avais conscience d'assister à un concert "tout public", avec les grosses ficelles, il reste que les trois excellents musiciens m'ont convaincu, malgré la casserole qui servait de piano à queue. Du coup, ça m'a donné envie de réécouter le live de Keith Jarret que mon prof m'avait prêté il y a quelques mois. C'est net: le jazz, c'est pas trop mon délire. Mais de temps en temps, à doses homéopathiques, ça va. Et ça m'aide à comprendre un peu les gens qui me disent qu'ils aiment le "classique' à "petite dose", pour les "détendre," ce qui me semble habituellement la pire des aberrations. Et j'ai même pensé à prendre mon appareil. Mais comme je me défends de faire partie de ces gougnaffiers qui font crépiter leur flash pendant le concert, vous vous contenterez du "stage before the live." Non mais.DSCF4253
11 juillet 2008

Pourquoi c'est si simple, Mozart ?

Sommes allés voir un petit concert hier soir. Haydn et Mozart, au palais des rois de Majorque. J'ai toujours été stupéfié de voir à quel point la musique de Mozart est naturelle. Simple. Elle ne l'est pas, bien évidemment, mais il s'en dégage une impression de simplicité absolument déconcertante. Beaucoup de monde me contredira (mais, j'aime à le croire, pas tant que ça, au final), mais j'ai l'impression que l'on est passé, grâce à Mozart, de la musique des dieux à la musique des hommes. Bach a transcrit en musique le mouvement des planètes, la respiration naturelle, la musique des astres (vous avez compris vers qui ma préférence allait, non ?); tandis que Mozart s'est évertuer à transposer le rire des hommes. Comme le disait un de mes profs de fac, on est passé, entre le 17ème et le 18ème, d'une vision verticale à une vision horizontale, même si Dieu était encore loin d'être mort ! D'ailleurs, la musique de Mozart fait encore l'unanimité, il n'y a qu'à voir l'engouement stupide d'il y a deux ans. C'est presque une mécanique cachée: on a l'impression que le cher Wolfgang a composé ses sonates sur un coin de table, à trois heures du matin. Et pourtant ça marche. Oui, un joli concert hier soir. L'inévitable "petite musique de nuit" et la très belle symphonie "Jupiter", bien dirigée par ailleurs. Mais nous n'avons aucun mérite, finalement, à aimer Mozart, car cette musique est faite pour être aimée. Je ne la crois pas, du moins dans ces morceaux-là car je ne suis pas un spécialiste de Mozart, métaphysique, mais ô combien mondaine. Nous sommes encore loin des jérémiades schubertiennes (et pim !) ou des expérimentations de Schoenberg....Mozart a composé, mais sur le même mode il aurait pu écrire, peindre ou sculpter. L'important était surtout de faire ouvrir son public sur l'Autre, et moins de transmettre un message d'essence philosophique ou personnel. C'est ce Mozart qui m'est le plus familier. Comme me le rappelait un ami, il y a un "autre Mozart". Celui de la flûte enchantée, celui du somptueux Requiem...Je ne le connais pas bien, celui-là, j'ai encore du mal à me défaire de ma première approche. Cela viendra sûrement.

Découvrez Walter Gieseking!
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9 juillet 2008

De l'avantage de travailler au conseil général

C'est vrai quoi. D'habitude, les tafs saisonniers c'est pénible, chiant, dans des ambiances pourries avec des gens qu'on aime pas. Là non. Certes, ce n'est pas idyllique, mais je dois bien avouer que je termine ma longue série de saisons estivales (je dois pas être loin de la dizaine, tout de même) par un travail en or. Prenons hier. Il s'agissait, exceptionnellement, de me sortir des bureaux pour aller aider à accrocher une exposition au château royal de Collioure. Ben ce fut une super journée. Les peintures n'étaient pas dégueulasses, il fallait se creuser la tête pour les accrocher de manière uniforme et harmonieuse, d'où clous, marteaux, mètres et niveaux à bulles. Et en plus, l'artiste nous a payé le resto sur la côte ! Que demander de plus ?! J'ai flashé sur deux des oeuvres de MP Valat: Ancara et Bois blanc. Un diptyque que j'ai trouvé très beau, même si les photos prises par le téléphone ne sont pas terribles. Si j'avais 600 euros à foutre en l'air, je les aurais volontiers accrochées sur le mur de mon bureau. SP_A0070 SP_A0072 SP_A0071 Et retour peinard à cinq heures, heure de mon départ. Quant à aujourd'hui, glandouillage en règle. Il est vrai que je suis obligé de récupérer les infos au compte-goutte, donc je fais le pied de grue ou je dois aller pêcher les infos à différentes sources. ce que j'étais en train de faire quand on m'a demandé gentiment d'envoyer des tracts à TOUS les services du département. Tous. Soit un gaspillage de temps, d'énergie et d'argent. Je me suis donc exécuté, ce qui m'a tout de même pris l'après-midi... C'est assez kafkaïen, comme système. Remarque, il y a au moins une bonne nouvelle: on m'a convié à refaire une conférence sur Steinbeck en Octobre. Le 17 ou le 24. J'essaierai d'adopter un plan différent cette fois-ci. Tout except le train-train.
6 juillet 2008

Continuation

Bon, pas mal de retard dans la tenue du blog. Je me suis donc pointé mardi matin, 9h, pour m'apercevoir que ma chère Catherine n'était tout simplement pas arrivée. J'ai donc été halpagué par un de ses sous-fifres pour faire quelques bricoles dans la fameuse exposition que j'étais censé surveiller. Rien de bien folichon, mon chaperon me libérant à 11H30. Retour au QG je retrouve Catherine en pleine discussion avec un monsieur, responsable du pôle technique du conseil général. C'est lui qui devint mon nouveau patron, en me disant: "bon, ben on y va, maintenant." Dégouté j'étais de ne pouvoir rentrer manger avec ma moitié. Mais vite consolé en apprenant que j'avais été enlevé pour la grillade annuelle du personnel, tous les 1° Juillet ! Donc, j'ai passé le reste de l'après-midi sur les hauteurs privées du château royal de Collioure, autour de mes nouveaux collègues pour me faire une super grillade, aux frais du contribuable. Et ils savaient vraiment y faire, on a bouffé/bu jusqu'à 5h30 du soir. Y a pire, comme première journée de travail ! SP_A0068 J'ai donc officiellement pris mes fonctions le lendemain, 8h30, et enfin compris ce que j'allais faire un mois durant: gérer les plannings de tous les concerts du mois de Juillet. En gros, sur mes jolis tableaux Excel, je dois déterminer ce que fera telle équipe à telle heure, qui fera quoi, où, quand et comment. SP_A0069 Donc j'ai droit à mon poste avec deux écrans, la clim, une machine à café. Je suis comblé. Mine de rien, j'ai pas mal de responsabilités, et ce n'est pas inintéressant, d'autant plus que je me ballade régulièrement avec la Clio climatisée du CG pour faire moult conneries (porter des affiches à Prades, récupérer des docs, etc...). L'équipe est assez sympa, l'ambiance est bonne et mon patron a l'air satisfait de ce que je fais. Donc, c'est cool, pour le moment !
27 juin 2008

Suite de l'aventure

Je me suis donc pointé, hier, au siège de l'animation culturelle du département, en plein centre ville de Perpignan, pour y être accueilli par une charmante dame. Sympathique, intelligente, mais visiblement lassée de se débattre dans un système pareil. Mon intuition s'est vite vue confirmée quand celle que j'appellerai Catherine m'a expliqué le fonctionnement kafkaïen du conseil général, en me glissant au passage qu'à la suite de diverses restructurations, elle était "remerciée" fin Août. Ca commence bien. Mon travail devait consister à surveiller une exposition de sculptures, donc à ouvrir la salle et la refermer. Entre-temps, m'assurer que personne ne s'amuserait à glisser dans son sac une statue de quelques centaines de kilos. On ne sait jamais. Mais tout cela m'allait très bien: horaires tranquilles, travail pas fatiguant, bonnes conditions, peu de public...Tout me convenait, et en plus elle m'a offert deux bouquins. Parfait. Mais hier soir, coup de théâtre: tout est annulé, erreur dans le planning, elle ne sait pas précisément où je serai affecté. Elle me rappelle le lendemain, soit aujourd'hui. 16h30, ne voyant rien venir, je prends les devants pour lui passer un coup de fil. La brave Catherine me dit d'appeller la DRH, laquelle DRH me renvoie vers le siège, lequel siège me renvoie vers...Catherine. Nous voilà bien. Apparemment, ce bazar me sera profitable, puisqu'elle a envie d'utiliser plus "intelligemment" mes capacités (apparemment, mon CV l'a bluffée, elle ne s'attendait pas à ça), ce qui me permettrait de n'être "pas au contact du public". Du coup, elle y réfléchit, et je me pointe Mardi 9h, sans savoir précisément quel sera mon emploi. Donc, wait and see au prochain numéro, mardi soir !
25 juin 2008

Direction animation culturelle

Voilà l'intitulé pour le moins mystérieux qui m'a été précisé dans la lettre du conseil général reçue ce midi. Ma candidature pour le mois de Juillet a été retenue dans ce secteur-là. Si c'est pas merveilleux ! La dernière saison de ma carrière. Enfin, ce ne sera qu'une demi-saison, mais la nostalgie de tout ce que j'ai pu en chier pendant ces étés de galère est au rendez-vous. Etonnant non ? Maintenant, sûrement le métier qui rentre, mais il me tarde de savoir une chose: si je bosserai ou non avec la clim, et j'espère que ce travail ne sera pas trop chiant. De toute façon, je le saurai demain, en fin de matinée. Affaire à suivre, donc !
24 juin 2008

Le premier concerto pour piano de Brahms

Inaugurer une telle rubrique avec Brahms...Je ne l'aurais pas cru jusqu'à il y a peu. J'ai toujours eu du mal avec ce compositeur, de la même manière que j'ai toujours eu beaucoup de mal avec Nerval. Ces deux artistes sont à rapprocher, je pense, l'un m'a toujours fait pnser à l'autre. L'histoire, pour le moins, ne me contredira pas. Un univers malade. Ca doit être difficile de diriger Brahms. Plus encore de le jouer, je pense, car il s'agit de ne pas aplanir cette folie sans pour autant la rendre totalement incohérente. Szell, dans cet enregistrement, y parvient fort bien. Un équilibre instable, une fragilité permanente. D'une portée à l'autre, on passe la douceur à la violence, de la colère à la mélancolie. Les passages ne se tiennent jamais. Le pianon n'est jamais écrasé et remplit bien son rôle de catalyseur. Une très belle oeuvre. De celles qu'on met beaucoup de temps à comprendre. Ca ne fait que quelques semaines qu'elle m'obsède, des années après l'avoir rejetée en bloc. J'ai enfin l'impression d'avoir commencé à trouver une porte d'entrée. A suivre. 26901747_m
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