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29 septembre 2009

C'est la guerre

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Ca y est, la guerre est déclarée. Les p'tits fumiers veulent jouer au con, ils ne réalisent pas à qui ils ont affaire: j'adore ça, jouer au con, et je vais les plier en quatre.
Hier, pendant mon cours de cinquième 3, j'étais en train d'écrire un mot au tableau quand j'ai vu, à un mètre sur ma gauche et au raz du sol, un bout de gomme taper tranquillement le mur. Je me suis retourné. Evidemment, personne, et impossible d'accuser sans être sûr. Ca c'est une première, ils avaient jamais osé faire ça, d'autant plus que je ne suis pas certain que ce projectile m'était destiné. Je dirais même que j'en doute. Ca ne change rien, j'en conviens.

Il reste que, furieux, j'ai expliqué que je ne noterai plus rien au tableau puisqu'ils étaient incapables de se tenir correctement, et que j'ai passé le reste de l'heure à dicter. Pour demain, je leur ai préparé un contrôle-surprise pour qu'ils se viandent, et durant lequel je relèverai quelques cahiers... Je pensais avoir installé un calme relatif dans ce zoo, mais je m'aperçois que j'en suis encore loin de les tenir. Par conséquent je vais serrer la vis, quitte à me mettre la classe à dos. Diviser pour mieux régner: à force de s'entendre dire qu'ils n'ont qu'à s'en prendre aux fouteurs de merde, j'ose espérer que ça fera son effet.
Avec un peu de chance, je vais presque y prendre goût ! Finalement ce n'est pas si mal que ça: sur quatre classes, deux troisièmes convenables et une cinquième excellente, le ratio n'est pas si terrible !

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28 septembre 2009

Rachmaninov, ou de l'indistinction

rachmaninov_DG

Indistinction, et non inaudibilité.
J'ai profité d'uns course à faire à l'autre bout de la ville pour joindre l'utile à l'agréable et écouter un disque qui m'a été offert hier: les premier et deuxième concertos de Rachmaninov, par Zimerman, Ozaka et l'orchestre symphonique de Boston. Un disque qui a déjà quelques années, il date de 2004, pour des enregistrements faits en 1997 et 2000. Je me souviens de ce disque, dans la mesure où j'avais lu à sa parution une interview de Zymerman, qui prétendait n'être pas pour le moment capable d'enregistrer le troisième concerto, cette oeuvre l'ébranlant tellement qu'il lui serait impossible de "risquer sa vie" à chaque concert. Opinion que je partage volontiers.

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Les deux premiers, donc, que je n'avais pas eu l'occasion d'écouter sous les doigts du pianiste polonais et la baguette d'Ozawa. J'ai immédiatement compris pourquoi ce disque avait fait tant de bruit quand il était sorti. J'avoue que j'avais un peu peur d'écouter une version solaire, défaut que j'ai souvent retrouvé en écoutant ces concertos: la partie piano nécessitant une telle virtuosité, il est à craindre que l'interprète ne la mette en valeur au détriment de l'oeuvre, oubliant ainsi ce qui fait la caractéristique de Rachmaninov dans ses quatre concertos, ce que j'appelle l'indistinction.
Or, que nenni. Bien que le jeu de Zymerman soit toujours aussi magistral et d'une incroyable justesse, le pianiste n'est pas dans une démarche de virtuosité à tout prix: le jeu est au service de l'oeuvre, le piano respecte la dynamique que Rachmaninov voulait, semble-t-il, conférer à sa partition. Du ppp au fff, toutes les nuances sont restituées, malgré un orchestre que j'ai parfois trouvé un peu trop présent, trop envahissant. J'oserais croire que le symphonique berlinois dirigé par Gergiev eussent constitué un choix plus judicieux. Mais je chipote: ces interprétations restent de très haute tenue et justifient complètement les nombreuses distinctions reçues lors de sa parution.

26 septembre 2009

Punto. Basta.

6a00d8341e0cf153ef00e54f29d1288833_800wiQuelle ne fut pas ma stupéfaction lorsqu'en discutant avec le prof de sport, qui a eu d'ailleurs la bienséance de ne pas se vexer du fait d'être désigné comme prof de sport et non professeur d'éducation physique et sportive, celui-ci m'a avoué qu'il faisait faire des lignes à ses élèves les plus récalcitrants.
Horreur et damnation. Etant un pur produit d'élevage de l'IUFM, je ne pouvais qu'être choqué par de telles pratiques: les lignes, ça ne sert à rien ! Ca enferme le pauvre jeune dans un discours fermé, stérile, c'est un travail qui ne le fait pas progresser, qui ne sert à rien, qui n'est pas valorisant, qui ne lui permet pas de mettre en valeur sa créativité, son imagination... Bref, les lignes ça pue du cul.
Il reste qu'une fois le choc passé, j'ai décidé, pour voir, de faire un test: il ne faut pas mourir con, après tout. Ca tombait bien, j'avais mon cobaye préféré (oui, je dis bien mon cobaye, car cette classe constitue une quasi-unité de connerie), à savoir ma cinquième 3. Il m'était impossible de ne pas avoir l'occasion de sévir en une heure de cours, et en effet, au bout de vingt minutes, un élève se lève, tranquille, pour aller chercher je ne sais quoi. Après l'avoir rabroué, je l'invitai à prendre son agenda et lui donnai cent fois à copier: "Je ne me lève pas en cours de français". Pour lundi. J'étais déçu: il n'a pas bronché, mais il s'est tenu à carreaux après que je lui eus expliqué qu'il ne tenait qu'à lui de l'avoir 200 ou 300 fois.
Dix minutes plus tard, excédé par les ricanements/bavardages d'un autre, je lui donnai la même sanction, ce qui ne fut pas sans soulever un flot de protestations, forcément: le prof de maths lui en avait déjà donné quatre-cent ! Mais soit, il obtempéra, pour remettre ça cinq minutes plus tard, d'où une centaine de lignes supplémentaires. On est allé jusqu'à trois-cent comme ça, mais j'ai eu un calme relatif.
A creuser.

21 septembre 2009

Il ne ramassa pas sa mère, hélas

Les plus assidus fréquentateurs de ce modeste blog se souviendront peut-être de ce cher élève, qui a désormais orné son anonymat d'un patronyme de fort bon aloi, qui avait soutenu mordicus avoir passé son oral du bac français avec un autre examinateur que celui qui lui était échu à l'origine: il se souvenait que c'était un homme qui l'aurait pris sous son aile et dans sa salle pour lui faire passer son oral, vite fait bien fait, pour soulager sa collègue de ce poids. Les moins zélés d'entre vous n'ont qu'à descendre un peu plus bas jusqu'à l'article doucettement intitulé "Ôde à celui qui ramassa sa mère." 

Je croyais cette affaire close, mais il n'en est rien: aujourd'hui j'ai reçu un appel d'une brave femme du rectorat, qui me réexplique l'histoire, et qui me redemande si, vraiment, je n'aurais pas fait passer ce charmant jeune homme entre deux élèves. Nouvel élément: c'est normalement ma tutrice qui aurait dû faire passer ce candidat, ne serait-ce pas moi qui aurais, par hasard, voulu soulager un peu ma chère collègue ?
Nouveau refus, et embarras de la dame, qui m'annonce alors qu'il serait possible qu'une confrontation ait lieu au lycée, entre les quatre examinateurs de sexe masculin et l'élève, ce dernier ayant déclaré qu'il serait tout à fait en mesure d'identifier son examinateur (sic.) ! 
C'est quand même dingue, au point que je suis de nouveau allé vérifier si ce nom-là ne faisait pas partie de mes listes, au cas improbable qu'il ait fait partie de mes candidats et que j'aie oublié de rentrer sa note... Non, tout va bien. J'ai donc scanné tous mes bordereaux de notation (en pensant à chaleureusement remercier ma formatrice IUFM qui nous avait bassinés en nous disant de TOUJOURS garder une trace de nos documents officiels) à cette dame, accompagné d'un petit mot, assez désagréable pour le coup:

"Bonjour,

Voici, comme promis, les bordereaux de notation des élèves que j'ai fait passer à l'oral. Comme vous le voyez, le nom de l'élève concerné ne s'y trouve pas, et _aucun autre_ candidat que ceux indiqués sur ces documents n'est entré dans ma salle. J'espère que ces documents parviendront à confondre cet étudiant peu respectueux du travail d'autrui.

N'hésitez pas à me contacter pour une éventuelle confrontation, je serai ravi de dire à ce jeune homme ma façon de penser."

 

Il n'y a plus qu'à attendre et à méditer sur l'inpunité.

 


19 septembre 2009

Inauguration

On entend souvent parfois parler des fameux carnets de perles des profs, qui prétendent scrupuleusement noter les plus belles âneries/phrases de leurs élèves pour, soi-disant, les éditer un jour... Ces fameux bons mots, réels ou supposés, ont particulièrement bonne presse ces derniers mois, en particulier grâce aux pubs Bic, aux "perles du bac" qui atterrissent régulièrement dans nos boites mail ou au site de Charly...
Dans la mesure du temps que j'aurai, j'essaierai de tenir un petit journal des plus belles perles/âneries/stupidités d'élèves, tout en rendant hommage aussi à ce qui m'aura paru beau ou digne d'être noté: il faut savoir encourager les bonnes choses comme les mauvaises !

Je commence donc, en prenant le train en marche car il me serait difficile de reprendre tout depuis le début. Hier, j'étais avec mes cinquièmes en train de faire un exercice de conjugaison. Je me retourne 10 secondes pour noter un verbe au tableau. Que vois-je en voulant leur demander si tout allait bien ?
Un élève à quatre pattes sous une table, à l'autre bout de la salle ! Mon sang ne fait qu'un tour: "NICOOOOOLAAAAAAAAAAAAAAASSSSS ATAPLASSSSSSSSSSSSSSSSS !!!!!!!!!!!" , et votre serviteur de pousser une gueulante phénoménale sur le manque de respect, sur le "tutekrwaouissi?"; et de lui mettre une heure de colle, seule chose qui le fit réagir et qui provoqua chez notre délinquant le désir de légitimer son acte: "Mais monsieur, c'est Zacharie, il me demandait c'que ça voulait dire puceau ! J'allais lui expliquer c'est tout !"

Et le Zacharie de répondre: "Oui Monsieur, c'est vrai. Si vous le collez, collez-moi aussi, c'est ma faute !"... Donc, malgré toute ma bienveillance et l'attachement que l'on éprouve, malgré soi, pour ces gosses, je me dis: Que répondre à cela ?

Elle commence bien cette année.

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9 septembre 2009

Rentrée, J+6 !

Voilà quelques brouillons qui commencent à s'accumuler dans la boite d'envoi du blog, pour la simple raison que j'ai commencé beaucoup d'articles sans prendre le temps de les finir. Pourtant, il y a plein de choses à raconter, j'espère pouvoir, tel Marcel, retrouver une partie du temps perdu !

Bon, l'évènement principal pour un blog dont le sous-titre fait référence aux "tribulations d'un jeune prof", c'est bien évidemment la rentrée. Rentrée décisive de surcroit, puisqu'il s'agit de ma première vraie rentrée en tant que titulaire, un vrai. Exit le stage, la connasse de tutrice, le stress des inspections et du mémoire, les séances d'IUFM pour professeurs anonymes... Maintenant, et pendant un petit moment, je l'espère, on va me laisser exercer mon métier, comme un grand.

Et ça fait du bien.
Je craignais beaucoup le collège/zoo dans lequel j'ai été, malheureusement, affecté, et ce pour plusieurs raison: la distance, les élèves (soyons clairs: ce collège est un dépotoir dans lequel on envoie les gosses dont on ne veut plus dans le public), l'ambiance morne, voire délétère... Je crois même pouvoir dire que cette nomination m'a à moitié pourri mon été, tellement j'appréhendais de me retrouver dans un remake catalan de Prison Break !
Finalement... Si j'ai le temps, je reprendrai et mettrai au point les différents brouillons, mais après une semaine de cours, pour le moment ça va à peu près, comparativement à ce à quoi je m'attendais:
- Des effectifs réduits: deux classes de cinquième (17 et 19 élèves) et deux de troisième (12 et 13 élèves), ce qui permet quand même de calmer considérablement le jeu.
- Une hiérarchie qui a l'air de tenir la route pour le moment: en parlant des zozos qui me soulaient au CPE, il a quand même été capable de me donner, pour chacun d'eux, leur pedigree: situation familiale, parcours scolaire... Pour un gars qui gère un collège de 200 gosses, c'est pas mal.
- Des collègues...difficile à dire: plan-plans, engoncés dans leur quotidien (ma salle, mon effaceur, mon casier, mes feutres...) mais gentils. Jusque là, je n'ai pas trop l'impression que ça se tirait trop dans les pattes ou autres. Bien entendu, on est loin du foutoir productif de mon ancien lycée, que je préfère largement d'ailleurs, mais je craignais que cela fût bien pire. Au rieque de choquer certaines, je crois que c'est en partie grâce au fait qu'il y a un petit noyau de jeunes profs mecs, de toutes les matières. Ca assainit, me semble-t-il, les éventuelles tensions, en mode "si t'as un problème, on s'explique et on règle ça une bonne fois pour toutes." J'aime bien.
- Venons-en au plus croustillant: les élèves. Alors que j'avais commencé à me renseigner sur le prix des gilets pare-balles, je me suis aperçu que ça allait. De bonnes troisièmes (attention, note pour les non-enseignants: ils sont nuls, mais ils sont cools, c'est ce que j'entends pas "bonnes troisièmes"), une très bonne cinquième. Et la cinquième 3.

Et celle-là, elle va me souler. Les non-enseignants savent peut-être qu'une bonne partie de l'année se joue au cours la première heure. Et là, je me suis raté, et c'est même pas de ma faute: un problème matériel à régler qui m'a pris dix bonnes minutes, le soufflé est retombé pendant ce temps et pour rattrapper ça c'est l'horreur. Ma classe la plus nombreuse, et je m'aperçois qu'ils sont TOUS mauvais. pas un élément plus malin, fin, cultivé que les autres. Soit ils sont calmes mais apathiques, soit ils parlent tout le temps, soit ils mettent le bordel.
Le ton a été vite donné: en leur demandant de me noter dans l'éternelle fiche dans quel collège ils étaient l'an dernier, y en a un qui a demandé: "Eh M'sieur, j'en ai fait trois de collège, je marque lequel ?" Maintenant, ça me fait marrer. Sur le coup, j'avoue que ma zenitude s'en est trouvée quelque peu ébranlée.
Adoncques je sévis. Puisqu'ils sont putes et qu'ils ne veulent rien foutre, je vais me mettre sur le même mode qu'eux. C'est le bras de fer, et il y a même une très nette amélioration: de six colles en une heure vendredi, je n'en ai mis que deux ce matin ! J'ai quand même l'impression d'être un dresseur, plus qu'un prof.
Donc le bilan, au bout d'une semaine de cours, est très globalement positif: hormis le zoo de la cinquième 3, ça se passe bien. Et c'est super formateur: ça oblige à la fois à être réactif et à aller droit au conflit quand il le faut, sans tergiverser. Ce côté brut de décoffrage me manquait, il sera peut-être dur à tenir sur la distance, mais pour le moment ça va.
Suite au prochain numéro. J'essaierai d'être plus régulier.

24 août 2009

J-7

breveon109Eh oui, J-7 avant la rentrée, enfin, la rentrée des profs, la pré-rentrée. Les vacances se terminent doucement, même le temps commence à devenir un peu voilé, un peu triste.
Ces vacances d'été ont passé à une vitesse ! On avait prévu plein de trucs, mais on en a fait assez peu, au final, ce qui n'en fait pas pour autant de mauvaises vacances. On aura fait la fête, revu des copains, un peu voyagé, changé d'air... Le bac français que j'ai fait passer aura aussi fait partie, dans une certaine mesure, des vacances, étant donné l'ambiance dans laquelle ça s'est déroulé. Emilie a eu son concours, s'apprête à partir pour de nouvelles aventures après avoir dit bye à la pizzeria, on s'est pacsé... Ca en aura fait, du changement, en moins de deux mois ! Mes potes s'en vont, aussi, ce qui n'est pas sans m'attrister, au point de me demander si je ne ferai pas pareil l'an prochain: plus ça va, plus les gens s'expatrient, et moins j'ai de raisons de rester. Le fait qu'Emilie elle-même soit mutée sonne aussi, dans une certaine mesure, comme un signal, donne un sentiment d'urgence: peut-être est-il temps que moi aussi, je mette les voiles, on mette les voiles, ensemble ?
Ce ne serait pas loin au début. L'Aude, par exemple. Mais ce serait une sortie du cocon perpignanais qui commence à devenir franchement petit. Mais en attendant, il va falloir supporter cette année qui se profile avec des perspectives peu réjouissantes, hélas. En m'attendant au pire, je ne pourrai qu'être agréablement surpris ! Je travaille mon numéro de méchant prof, affute les sanctions que j'infligerai à ces gosses réputés tellement débiles qu'ils en seront anesthésiés... Et j'ai, un tout petit peu, pensé à ce que je leur ferai lire. C'est encore très flou pour les cinquièmes, déjà plus net pour les troisièmes (l'Attentat, Thérèse Raquin, la Machine Infernale...). On verra. J'espère que l'emploi du temps me permettra de tout concocter au fur et à mesure...
Il est clair aussi que ces semaines de célibataire ne sont pas non plus pour me déplaire. Ca me permettra de faire pas mal de trucs: du piano, du théâtre (que j'ai toujours envie de commencer), des soirées télé à la con, des restos avec les potes... N'avoir que deux niveaux facilite aussi cela: il me faudra un peu plus de temps pour peaufiner les cours, mais je le ferai plus progressivement. Il y a fort à parier que mes cours seront prêts d'ici deux ans et que je pourrai ne me préoccuper que fort tard de mes rentrées scolaires !

Mais d'ici cette rentrée, il reste une semaine qu'il me faut rentabiliser: retrouver des horaires plus normaux, acheter un minimum d'affaires scolaires (au moins cahier-classeur !), savoir quand exactement aura lieu la rentrée... Super !

13 août 2009

Back from London

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Ca y est, je suis revenu de Londres mardi, mardi en fin d'après-midi suite à un couac de loupage d'avion pour cause de contrôles de douanes trop routiniers... Nous avons payé le shampoing le plus cher du monde ! Mais bon, il vaut mieux en rire pour le moment.
C'était génial, un super WE qui nousa permis de 1/ pas mal parcourir la ville de droite à gauche, dans les différents quartiers, de voir les choses principales, 2/ faire du shopping comme des pétasses et manger des fish and chips en sirtant des bières, 3/ devenir familier du métro londonien, extraordinairement bien conçu... Et surtout de sortir un peu de cette mentalité catalane à la con pour rencontrer une vraie ville, une grosse mgalopole internationale qui brasse des dizaines de populations différentes: des indiens, des pakistanais, des blacks, des arabes, des européens... en fait, le véritable londonien n'existe pas vraiment, c'est un mix de différentes populations. D'où une grande tolérance des gens envers ce qui ne leur ressemble pas. Un punk aux cheveux rouges ne fait pas l'objet de remarques à voix basse dans le métro. Alors qu'ici, dans notre ville étriquée, les vieilles en feraient toute une histoire... Sans tomber dans un angélisme ridicule, j'ai quand même trouvé ces britanniques bien plus sympas, ouverts, francs et tolérants que nos vieux cons bornés de catalans. Cela m'a à la fois déprimé en revenant et renforcé dans mon intention de partir d'ici à moyen terme.
Quelques photos, just for fun, sur l'album idoine.

22 juillet 2009

Le slogan se meurt, le slogan est mort !

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Alors voilà,
J'étais tout à l'heure en train de nettoyer ma cafetière en faisant circuler à l'intérieur du produit pour éliminer le calcaire. Et comme cette opération, à la portée du premier Valenciennois,  ne nécessite, a priori, aucune vigilance particulière, mon regard évasif tomba par hasard sur un dépliant de la Foir'Fouille. Ce fut comme une apparition: je m'aperçus que le slogan de cette digne entreprise avait été changé. Maintenant, il s'agit de lire: "Des prix qui font plaisir !"(et comme je ne mens pas, je vous invite à vérifier par vous-même: http://www.lafoirfouille.fr), en lieu et place de l'ancien slogan, qui était pourtant digne d'un calembour saint-simonien !
Ainsi, avec la justesse d'un Bossuet et la finesse d'analyse d'un Barthes, j'ai donc décidé, en cet après-midi d'été, de faire l'éloge funèbre de l'ancien slogan de la Foir'Fouille, à la manière des célèbres Mythologies barthésiennes.
Pour ce faire, rappelons à notre lecteur inattentif (oui, il y en a, hélas...) le fameux slogan qui faisait l'objet de notre admiration:

"A la Foir'Fouille, tu trouves de tout, si t'es malin,
Il y a plein de bonnes affaires."

Donc, il convient de se demander, de manière générale, quel est le but d'un slogan: par une formule brève, jouant autant que faire se peut sur une figure de style aisément repérable (facile à analyser dans le cas présent: remarquez l'alternance entre alexandrin (trimètre, en l'occurrence) et octosyllabe), ce qui n'est pas sans rappeler la variété versificatoire d'un la Fontaine, par exemple (Fables, I, 3):

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages. (12)
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs, (12)
        Tout petit prince a des ambassadeurs, (10)
Tout marquis veut avoir des pages. (8)


, un peu comme pour s'acaparer, mimétiquement, la dimension proverbiale des fables. A la limite, on pourrait presque inventer un petit apologue dans lequel le pas malin se ferait entuber en achetant cher des trucs qu'il aurait eu pour une bouchée de pain à la Foir'Fouille) il s'agit d'interpeller le lecteur en établissant une connivence entre lui et la marque. Un slogan doit parler immédiatement à un type de public, quoi. Il s'agit rarement d'un énoncé complexe, afin d'être facilement retenu par notre Valenciennois sus-nommé. Or, force est de constater la complexité de cette phrase, dans laquelle l'éventuelle actualisation du procès est mis en balance par une proposition subordonnée qui plonge le Valenciennois inférieur dans l'angoisse: on trouve de tout à la Foir'Fouille (ce qui est faux, par ailleurs), mais SEULEMENT, ET SEULEMENT SI (ssi, comme disent nos amis mathématiciens) on est malin.
Il serait assez complexe, voire même futile et inutilement vain d'établir dans cet article si passionnant un historique du mot "malin" (NB: je n'ai pas écrit "de l'adjectif", puisque ce terme peut aussi être utilisé en tant que substantif), bien que cela n'eût pas été complètement inintéressant (les plus pointilleux regarderont ) dans notre propos. Ce qui est sûr, c'est que même en n'étant pas malin, on peut faire des "bonnes affaires", comme nous le précise l'octosyllabe de la seconde partie du slogan. Et ce pour une raison très simple: la Foir'Fouille, c'est pas cher. Il reste que faire de bonnes affaires inutiles, c'est pour les nigauds, c'est pour les pas malins. Les malins, eux, savent profiter justement de ces prix ridicules pour "trouve(r) de tout".
Mais derrière cette mise en garde contre les imbéciles se cache un message politique: puisque ce qu'on trouve à la Foir'Fouille n'est pas cher, pourquoi payer la même chose cher, et ailleurs de surcroît ?! C'est vrai: Pourquoi notre Valenciennois qui cherche son miroir avec la photo de Johnny à mettre dans son salon paierait-il plus cher son sésame à Carouf' ou à Leclerc alors qu'il est moins cher à la Foir'Fouille ?!
Ben parce qu'il est malin. Et voilà.
Implicitement, le bourgeois qui cherche et qui trouve à Carouf' son miroir de Johnny, lui, n'est pas malin. Comme quoi, être riche ne rime pas nécessairement avec malice. Les bourgeois rateront leur vie alors que les gens avec des revenus plus modestes (des pauvres, quoi), s'ils sont malins, feront plein de bonnes affaires. nous arrivons finalement à une inversion des valeurs tout à fait caractéristique du climat actuel: Steinbeck nous l'avait montré, la crise rapproche les gens, soude les familles et rappelle les valeurs essentielles: la malice et les bonnes affaires.
Et ça, c'est important.
14 juillet 2009

Ôde à celui qui ramassa sa mère.

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Parfaitement.
Mais je m'explique.
En ce moment, la chaleur est caniculaire. Horrible. Du coup, en tant que bon homme du froid, je m'enferme sous le ventilo tous les après-midi pour lire/dormir afin de supporter ces rayons ardents pourtant si recherchés par la masse graisseuse des touristes venus en masse pour se faire griller l'anatomie dénudée. Je ne comprendrai jamais. Et en plus ils parlent de vacances.
Soit.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je reçus un coup de fil du directeur du lycée dans lequel j'avais fait passer les oraux du bac français la semaine passée.
"- Allo, M. Jules ? Ici M. Machin, le directeur du lycée Truc.
- Mmmmmmh, oui, bonjour"
Mais derrière ce "Mmmmmmh, oui, bonjour" se tapissait toute ma perplexité. Passant en revue toute la session, je me demandais à toute vitesse ce que j'avais bien pu faire qui justifiait un coup de fil de cet éminent collègue: quelle paperasse avais-je pu oublier de signer, quelle bourde avais-je bien pu commettre... Pourtant, j'avais fait super attention !
" - Je m'excuse de vous déranger pendant vos vacances (tu parles, ndlr), mais j'ai un petit souci avec une maman d'élève (aïe, là mon gars t'es pas dans la merde, si la mother a quitté son aire pour défendre son oisillon, t'y es pour la journée, re-ndlr) qui soutient avoir déposé son fils devant le lycée, et qui a pourtant été déclaré absent à son oral.
- ... Pourtant, je n'ai eu aucun absent parmi mes candidats...
- Oui, bien sûr, mais cet élève devait passer avec une enseignant, et il prétend que c'est un enseignant qui l'aurait auditionné (paye ton lapsus, ndlr) en arguant du fait qu'il transmettrait ensuite les notes à l'enseignante en question. N'auriez-vous pas fait passer un élève supplémentaire pour soulager une collègue ? (non mais vas-y, prends moi pour un con toi, ndlr)
- Non. Nous étions quatre enseignants, et nous connaissant, il me semble qu'aucun de nous n'aurait eu la stupidité de faire une bourde pareille. (et paf, mais ça je l'ai pas dit, ça aurait cassé la magistralité de ma phrase).
- Oui... bien sûr, je le crois aussi, mais je voulais vérifier avant de traiter quelqu'un de menteur."
Et sur de brèves politesses, nous raccrochâmes, et je pus retourner, plein de perplexité quant à la nature humaine, à ma sieste.

Qu'un élève n'ait pas bossé, ça arrive. Quelques-uns se sont même présentés en me disant que ce roman il était nul, qu'ils avaient fait l'impasse dessus etc... Que ce même élève soit mort de trouille, je peux l'entendre, le bac français c'est une première !
A la limite, qu'il fasse péter son épreuve... C'est stupide, mais ça peut s'expliquer. Un perfectionniste surdoué (non, précoce, surdoué c'est connoté tête d'ampoule nowadays) et dislexique (forcément), en mal d'amour qui lance un courageux appel au secours en jouant au baby le jour de son bac français, ça arrive ! Mais monter un bobard pareil, non : ma déontologie ne peut supporter un tel affront, surtout après le stress administratif qu'impose une telle épreuve. En effet, chaque candidat est numéroté, on doit remplir une chiée de paperasses, signer des trucs, faire signer des papiers aux candidats, rentrer les notes sur Internet en faisant bien gaffe de ne pas inverser deux élèves... C'est du stress, mine de rien. En tout cas, pour une première, ça m'a un peu stressé.
Alors, pour notre cher précoce en mal de tendresse, de deux choses l'une:
- soit la mère poule l'a défendu bec et ongles, et est repartie furieuse, maudissant cette engeance professorale maudite qui a ôôôsé accuser son petit bambin si fragils, malgré ses évidentes capacités.
- soit la mother a compris que son gosse était un petit branleur mytho, et a demandé au father d'avoir une discussion entre hommes avec le rejeton. Ce que je souhaite.
D'où cette émouvante ôde à celui qui ramassa sa mère.

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