Choses vues, lues, sues, entendues, et réfléchies

vendredi 23 mars 2012

Changement de cap

A quoi bon ?
Je me souviens quand j'ai ouvert ce blog, c'était il y a quelques années, alors jeune agrégatif je souhaitais faire partager mes périgrinations de celui qui passait au stade d'étudiant à celui de jeune actif, comme on dit. A la fois agacé par un monde universitaire qui m'attirait de moins en moins, et encore trop empli de clichés sur le monde de l'enseignement que je n'avais, à vrai dire, jamais vraiment fréquenté, j'étais alors en construction, et au fur et à mesure de la courbe que suivait mon parcours, ce blog a lui aussi évolué. De déversoir d'impressions diverses au sujet de la vie de jeune prof, jusqu'à un blog littéraire sans l'être vraiment, jusqu'au moyen de faire partager des doutes, des espoirs, pas mal de colères et même quelques joies, je m'aperçois à quel point ce blog manque maintenant de tenue, de ligne directrice, d'unité. Ce n'est pas plus mal, direz-vous. Sa diversité est mimétique du parcours de son auteur. Mais je ne peux m'empêcher de ressentir une gêne en pensant à ce carnet de route virtuel qui, même s'il est devenu "une véritable mine", pour citer une personne qui l'évoquait,
A tel point que s'est posée maintenant la question de son sort. Est-il intéressant de maintenir un espace qui est devenu comme une gêne pour moi, qui ne le fréquente que trop rarement, qui ne le partage qu'avec une poignée d'habitués qui m'a fait l'honneur et le plaisir de le commenter, de le lire... D'un côté, ce blog a été salvateur parce qu'il me permet, m'a permis, de maintenir un lien avec l'écriture, seule activité manuelle dans laquelle je pense avoir quelque qualité. Mais plus ça allait, plus j'avais envie d'un autre projet concernant l'écriture. j'avais envie de la partager, d'écrire à quatre mains, de même que j'aimerais de plus en plus jouer à quatre mains.

C'est désormais chose faite, depuis un peu plus d'un mois. Avec un ami nous avons ouvert un nouveau blog, fin février, qui m'apporte tout ce qui me manquait dans l'écriture d'un blog. Une ligne directrice, la convivialité, une thématique, plus de possibilités techniques, de l'échange.
Qu'adviendra-t-il d'arnheim ? Cet espace virtuel deviendra-t-il, à l'instar de son illustre homonyme, une île perdue ou au contraire prendra t-il plus d'autonomie, mon désir d'écrire autrement étant assouvi ?
Nous verrons bien. En attendant je vous invite à lire, et à participer à l'élaboration de notre nouveau bébé:

Les inactuelles

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mardi 21 février 2012

Vider la corbeille ?

Sans entrer dans les poncifs sur les vilaines ondes ou la société de consommation, il faut avouer que ces nouveaux téléphones, c'est le bien. Je me rappelle de mon premier téléphone, c'était un Sony Ericsson, avec une petite antenne, un écran LCD ridicule et la molette sur le côté pour faire défiler les différents curseurs. Je ne l'ai pas retrouvé sur le net, mais il ressemblait approximativement à ça:

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J'ai dû le garder trois ou quatre ans avant de le casser accidentellement, une durée de vie que nos téléphones n'atteignent quasiment plus, désormais.
Maintenant, j'ai toujours un Sony Ericsson, une machine de guerre que j'ai mis plusieurs mois à apprivoiser. Et il faut avouer, c'est magique: il me sert de boite mail, d'appareil photo, de clé USB et accessoirement de téléphone. En clair, c'est un ordinateur, qui a remplacé le carnet moleskine des anciens temps. Pourquoi sortir mon appareil photo ? Mon portable fait des clichés/films de meilleure qualité. Et au lieu de noter des souvenirs, je photographie et je retiens, j'envoie parfois un MMS au lieu d'une carte postale. Un truc marrant ? Emouvant ? Un renseignement ? Le portrait d'un/e ami/e ? Hop, tout est intégré avec tant de facilité que l'on oublie tout ce que l'on peut stocker. J'ai été surpris de voir ce matin pas moins de 643 photos sur la carte de mon téléphone. Calculons un peu: j'ai récupéré ce téléphone le 22 novembre 2010, on est le 22 février 2012, à peu de choses près, soit 15 mois, soit environ 450 jours. Soit 1,4 photos par jour depuis que j'ai cet appareil. En clair, j'avais sous les yeux le journal de près d'un an et demi de ma vie, sous différentes formes, avec plein de sujets différents. Quelques perles:
 - la bouteille de Limoncello que j'ai vidée un soir de Novembre au téléphone avec quelqu'un de (déjà) très spécial
 - l'imitation de Michel Onfray par John
 - ma copine Sophie qui met un doigt au mannequin homme des Galeries Lafayette de Paris
 - la SV 650 que j'ai essayée un soir de Novembre
 - les moultes photos de mon filleul et ma filleule, au fur et à mesure qu'ils grandissent, les bougres
 - Jules triomphant dans le taudis que j'étais en train de visiter
 ...
Et ce matin, j'ai choisi de sauvegarder tout ça sur une clé, et de tout effacer pour reprendre les choses à zéro. Pour libérer de la place sur mon téléphone, qui commençait à ramer sévère; pour ne plus risquer qu'un accident quelconque me fasse perdre tous ces dossiers, et dieu sait qu'il y en a. Aussi parce que j'ai envie d'avancer, de commencer plein de choses sans pour autant en abandonner certaines. J'ai une tendance au culte des souvenirs qui parfois me gêne un peu. C'est ainsi que mon appartement est truffé de souvenirs et de photos en tous genres. Comme un besoin de garder auprès de moi ces moments, ces gens qui me sont chers. Ils m'entourent et me rassurent. Je jette parfois, quand je veux oublier ou quand les souvenirs ne m'intègrent plus, sont reconnus comme étrangers à ce que je suis devenu. Ce serait une bonne idée de blog, ça: les objets que l'on aime. Il y a celui de ce photographe qui demande à ses modèles de rassembler les objets qui lui sont chers sur un cadre. Je ne le retrouve pas, hélas.
Enfin. En un clic, stocker, matériellement, quinze mois de souvenirs, ça fait bizarre, mais ça fait du bien en même temps. Comme pour rappeler qu'aujourd'hui est le premier jour du reste de ma vie.
Et ça c'est cool. So I clicked

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jeudi 9 février 2012

Ce prof là

Mon prof de piano, c'est un chieur né. Je l'ai trouvé par hasard, dans une académie dans laquelle  j'allais souvent travailler (parce que bosser sur un piano à queue, ça ne se refuse pas), et on avait eu l'occasion de discuter. Puis je me suis enhardi jusqu'à lui demander s'il aurait le temps de me prendre sous son aile parce que celui que j'avais, il était bien gentil mais je sentais qu'il me dirigeait plus vers

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que vers

41787_129379800688_3871_nDonc bon, j'avais envie d'aller vers des cours plu consistants, plus ardus. Mais je ne m'attendais pas à ça. Soyons simples, sur une heure et quart de curs, environ, nous devons jouer, véritablement et sans exagérer, moins de dix minutes, comme si cela n'avait aucune importance. Le reste est consacré à l'essentiel, à ce qui me permettra d'avancer véritablement, selon lui: apprendre à jouer du piano. Le placement de la main, du poignet, du bras, de l'ensemble du corps, de la respiration même... Les gammes aussi: toutes les majeures la première année (accords parfaits, arpèges en noire, croche, triolet et double croche, renversements...), avec récapitulation systématique, et depuis quelques mois les mineures: la, ré, sol, do, fa, si bémol en ce moment...
De la rigueur, de la rigueur, de la rigueur. Avec lui, je touche du doigt tous les défauts qui vont jusqu'à déborder bien au-delà du piano: l'indécision, l'imprécision, le fait de se contenter d'un globalement bon plutôt que d'un précis, clair, carré et parfait. "Ton Mozart, c'est de la soupe", ai-je donc appris hier. Et il m'a montré, par a+b, que c'était vrai je ne jouais pas deux fois le même rythme, et aucun des deux ne correspondait vraiment à ce qu'indiquait la partition.
Idem pour les morceaux, d'ailleurs, qui doivent être vus selon un ordre bien précis: la main droite par coeur, la main gauche par coeur, les deux mains ensembles en lisant, les deux mains ensemble en lisant et en chantant la main gauche (ho-rri-ble), et enfin, les deux mains ensemble par coeur. Comme ça, le morceau est décomposé, analysé dans sa moindre difficulté. A certains moments, il s'arrête sur une mesure pour montrer comment le compositeur change de tonalité, par exemple (combien de fois s'st-on arrêté comme ça sur le concerto en ré majeur de Haydn !). Et même si cela était rébarbatif, les choses se lient, s'éclairent les unes avec les autres, trouvent une cohérence. La montée qui me paraissait si difficile dans tel morceau se simplifie lorsque j'ai compris que c'était une gamme qui se développait, tels accords récurrents n'étaient que la transposition de ceux qu'on a vus en cours...donc au lieu d'appliquer bêtement, il me faut jouer intelligemment. Certains cours, à cet égard, m'apparaissaient lumineux car j'avais la sensation de com-prendre, de repartir avec quelque chose qui m'était jusque là frémissant, mais irréductible. Poser des mots sur les sensations, court-circuiter les déductions jusqu'à les faire entrer dans un logos clair et identifiable. Maintenant seulement, je redécouvre les sonates de Beethoven et je commence à comprendre quelque chose.

Et cette façon de bosser, avec rigueur et intelligence, tout en sachant parfois titiller l'égo pour stimuler l'avancée, j'essaie de l'appliquer dans mes classes, plus que je ne le faisais auparavant, où j'avais tendance à transposer un certain flou jusque dans mes cours, une charge d'imprécision, de part laissée à la déduction. Paradoxalement, je pense être devenu plus tatillon, mais que les élèves en deviennent plus rigoureux. Au lieu, comme me le demande mon prof, de rejouer une mélodie en en changeant la tonalité, je les fais réécrire des phrases en altérant les effets. Je m'efforce moi aussi de "ne pas avoir vocation à former des singes savants."
Mon prof, je le kiffe.

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mercredi 8 février 2012

De clarinettis

woody-allen-clarinettisteCertains seront peut-être désespérés ici de voir encore s'écrouler un pan de ma discutable virilité. Discutable, parce qu'un jeune prof de trente ans qui aime le piano, la littérature, les bébés et faire rire tout en injectant du savoir à une classe de trente poupous, c'est un coup à faire fissurer le granit que des milliers d'anées de civilisation a pris soin de construire fermement. Les mecs, ça aime les motos, les grosses bagnoles, la bière et les gonzesses.
Mais je n'en ai cure, et je vais en profiter pour vous raconter une des plus belles expériences de feu 2011. J'étais à Nice, bloqué en centre ville pour une après-midi (ou UN après-midi, j'ai jamais su ce qu'il allait dire), et même si le vieux Nice est un endroit charmant, je commençais à m'emmerder sévère lorsque j'entendis de la musique. Il me fallut moins de vingt secondes pour reconnaître Mozart. Guidé comme un marin dans la mer sicilienne, j'allai donc plonger mes oreilles vers ce coin-là: deux clarinettistes jouaient des duos de Mozart pour clarinette, comme ça en pleine rue. Fallait oser, et ils ont eu raison. Du coup, j'ai passé l'après-midi sur la terrasse d'un café miteux à écouter ces deux musiciens jouer du Mozart. Les gens s'arrêtaient, écoutaient quelques dizaines de secondes et passaient leur chemin. Chose curieuse, les enfants étaient fascinés, moins par ces instruments bizarres que par cette musique qu'ils semblaient déjà connaître sans l'avoir jamais entendue. Le miracle Mozart fonctionne à nouveau, 220 ans après.
C'est là, probablement, qu'est venue mon envie de commencer la clarinette. Jusque là, je n'avais jamais fait vraiment attention aux sonorités de cet instrument. Je les trouve douces, entêtantes, hypnotiques, dans une certaine mesure. L'instrument est joli aussi, bien plus pratique à transporter qu'un piano. J'ose croire que sa pratique est moins complexe que ce dernier, ne serait-ce que parce qu'il n'y a qu'une clé au lieu de deux, et que l'on ne joue qu'une note à la fois. 
Cette année 2012 s'annonce éprouvante, pour différentes raisons. Mais maintenant qu'une accalmie se profile à l'horizon, je vais enfin voir mon prof de musique pour qu'il m'apprenne les rudiments.
Ne serait-ce que pour voir.

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dimanche 18 décembre 2011

Défi de Noël

Les vacances de Noël sont arrivées. Elles ne sont pas comme les autres, celles-là, et aucune autre période de repos scolaire ne porte mieux, à mon goût, le terme de vacance que ces deux semaines engoncées entre deux années, qui en soulignent le caractère symbolique. Comme si le cap de l'année finissante était si délicat qu'il nécessitait un moment de quant-à-soi, celui où on se retrouve traditionnellement. De fait, on rentre rarement reposé de ces vacances de Noël, les élèves en sont témoins, qui reviennent souvent plus excités que ce qu'ils étaient partis.
Du coup, d'une période d'activité intellectuelle intense, puisque la période Septembre-Noël est celle où on avale la moitié du programme, on passe du jour au lendemain à une pause totale. Ca fait un peu bizarre quand on s'aperçoit que notre corps et notre esprit conservent leur rythme de croisière alors que nous savons justement qu'il est inutile de se réveiller à six heures du matin. Les soirées s'allongent puisqu'on sait qu'on peut se le permettre, mais les constrictions de l'insomnie agissent vers cinq heures et demie pour nous amener progressivement vers le réveil.
Ainsi, me retrouvant hier dans cet état de semi-frustration intellectuelle, une amie pianiste et moi avons décidé de nous pencher sur un gros morceau. Du lourd, du très lourd, que nous ne finirons pas, ou pas tout de suite, tant il est long: la fantaisie en fa mineur, de Franz Schubert.
Un morceau important pour moi. D'une part, il est très beau. Alors que je n'aime pas, tant en musique qu'en littérature tout en ne comprenant pas pourquoi on fait une fixette, depuis plus d'un siècle et demi sur des jérémiades- spécialement les romantiques, tant Chopin, que j'excècre, que Lizst, qui m'agace, cette Fantaisie m'a toujours plu. De ce goût que l'on éprouve certainement pour les oeuvres qui ne sont pas très difficiles d'accès quant à leur composition globale.
Cette musique ressemble davantage à une sonate dont on aurait joint les mouvements au lieu de les séparer. Les musicologues en distinguent quatre, j'en ai toujours senti trois, tant à l'oreille qu'à l'interprétation (cliquer sur les liens pour accéder au musique, puisque ces p*** d'hébergeurs de m*** de Canalblog ne laissent plus insérer des vidéos, la c**$ de leur race. Tout en sachant que s'il n'y a qu'un passage à écouter, que ce soit le troisième):
   - un mouvement lent, très mélancolique, sombre et masculin. Celui, précisément, que l'on travaille: http://www.youtube.com/watch?v=ED8NDXBWUok
   - comme pour pallier la tristesse, un long passage, plus rapide celui-là. Non pas gai, n'exagérons rien (peut-on d'ailleurs parler une seule fois de joie chez Schubert ?), mais dont on dirait plutôt qu'il force une certaine allegresse, qu'il veut paraître. J'y ressens un je-ne-sais-quoi, comme on disait, de très féminin. Un rire de verre brisé: http://www.youtube.com/watch?v=F7W2-NVJasA&feature=related
   - enfin, un retour au thème initial, qui s'infléchit progressivement pour devenir un mélange des deux tonalités précédentes. Cette clôture m'a toujours paru comme un pendant aux deux autres parties. Comme si elles se rejoignaient pour devenir enfin complémentaires. Une fin absolument déchirante, qui donne tout son sens à l'oeuvre quand on sait -enfin, on sait...c'est ce que l'Histoire en a retenu- qu'elle a été composée pour une femme dont Franz était amoureux, d'un amour non partagé. Une Fantaisie pour deux pianistes, qui tend justement vers l'union et la complétude de deux tempéraments: http://www.youtube.com/watch?v=D-KEcDa-zDo&feature=related

Je n'y croyais pas trop, quand on a commencé. Cette oeuvre faisait partie depuis longtemps de celles dont je me disais que je les attaquerai bien plus tard, d'ici une ou deux bonnes dizaines d'années. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque deux heures plus tard, je m'aperçus que nous avions avalé deux lignes et demi et que malgré les quatre bémols à la clé et mon petit niveau, le résultat n'était pas si mal. Ca ressemblait à quelque chose, quoi. Disons aussi que la partie gauche me paraît nettement plus difficile, et que l'excellent niveau de ma partenaire y est pour la majorité. Mais quand même, c'est dans ces moments-là que je m'aperçois que le travail de fond et de torture que m'impose mon prof de piano n'est pas vain.
Il reste à voir jusqu'où on parviendra. Mais à la limite, cela a presque peu d'importance, même s'il faut vingt ans pour la terminer. Rien ne presse.

 

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samedi 29 octobre 2011

Du cours particulier

imagesHier après-midi, en rentrant d'un cours, j'essayais de faire le compte du nombre d'élèves que j'avais pu avoir depuis que je donne des cours particuliers. J'ai vite arrêté de compter un par un pour passer à une moyenne annuelle. Je dois avoir dépassé la centaine, en huit ans.
Ca en fait, des heures, tout ça, et des élèves aussi ! Je me rappelle de mon premier, c'était à Collioure, un gamin de cinquième, je faisais toutes les erreurs possibles et imaginables avec une tête de con de premier ordre. Un mauvais souvenir, je n'étais pas sûr de moi et de mon approche, j'avais demandé une misère, je n'en avais pas vraiment envie... Ma première vraie élève, peu après, ça a été Prisca. C'est avec elle, véritablement, que j'ai appris ce qu'était un cours particulier. Je l'ai suivie deux ou trois ans, au lycée, et je suis encore en contact avec elle. Puis le choses se sont un peu enchaînées du moment que j'ai obtenu la licence. Ca a été les années acadomia, keepschool, les annonces, le bouche à oreille, les stages de vacances... Ne travaillez pas pour ces boites de cours particulier, c'est de la merde: vous êtes payé au lance-pierre, on vous facture des trucs bizarres, vous êtes fliqués avec des cahiers de cours à la con à remplir, vous ne pouvez moduler vos horaires (il s'en rappelle encore, le directeur de mon agence Acadomia, qui avait refusé que je déplace un cours la semaine du CAPES ((connard)), vous devez déclarer aux impôts ce que paye la famille réellement, et non ce que vous vous gagnez (du simple au double, quand même), ça crée un espèce d'aspect "domestique interchangeable" du plus mauvais effet, une sorte de gêne qui poussait pas mal de parents à me demander, voyant que le courant passait bien, à "faire ça entre nous", ce qui convenait à tout le monde. Puis, de fil en aiguille, je me suis passé de leur service et le bouche à oreille a suffi.
Durant tout ce temps, seulement deux échecs. L'un de ma part, à cause d'une mère particulièrement castratrice que je n'ai pas su remettre à sa place; et l'autre d'un élève qui était particulièrement nul. Bien que sa mère parle d'un "intellectuel précoce", j'avais face à moi un gamin de quatre ans, incapable d'appliquer quoi que ce soit pour son bac. Il est allé au casse-pipe et s'est vautré, comme prévu. Ce furent les deux ratés parmi tous ceux que j'ai eus. Maintenant, mon habitude me permet de sélectionner directement et de poser les bonnes règles avant même de commencer quoi que ce soit: si le gosse ne veut pas et fait ça à contrecoeur, ce n'est pas la peine; et si les parents ne me font pas entièrement confiance, c'est niet. Une fois ces mises au point faites, on peut y aller.
Les cours particuliers, ça recouvre pas mal de trucs. Du quasi-illettré qui passe le brevet le mois suivant et qui a besoin de tout revoir jusqu'à l'élève super fine qui veut assurer une super note à son bac Littéraire, en passant par le paraplégique qui veut reprendre ses études après son accident (je l'ai poussé jusqu'en licence, lui, une belle expérience) ou l'étudiante en orthophonie qui veut prendre des cours de grammaire intensive... Dans tous les cas, il y a une mission de matière pure (un cours de français/maths/anglais, etc) et une grande part de psychologie. La plupart des élèves que je récupère, pour ne pas dire 80%, ont un problème de confiance en eux et sont en conflit avec le concept même d'apprentissage. L'écriture même, après tout, n'est-elle pas un moule dans lequel il faut rentrer ? Pour un ado en lutte avec l'autorité, mal écrire est déjà un signe de revendication, d'affirmation de soi. Et pourtant, etc.. D'où un besoin de reprendre souvent les choses en amont, et de reconstruire progressivement le cours avec nos propres mots. En voyant que ce qu'il déduit est la même chose que ce qu'a écrit "le prof", voilà déjà un premier (gros) conflit de passé, et là le travail peut s'amorcer vraiment.
De mon côté, le travail est complètement différent de celui que j'ai dans mes classes. Il m'oblige, et c'est ça qui m'intéresse le plus, une adaptation totale. Chaque élève est différent, en arrivant je ne sais pas sur quoi il travaille et je dois être opérationnel tout de suite. Finalement, si ce n'est les cours très spécifiques (grammaire, ou textes de littérature pour le bac que je ne connais pas), je ne prépare pas les cours particuliers. Je ne les prépare plus, en fait, car avant je faisais quasiment un cours magistral pour me rassurer. Je regarde ce que le cours contient et je m'adapte en cernant très vite les difficultés. Et ça marche, si je dois me la péter, j'accuse un taux de réussite au bac de 100% depuis cinq ans, y compris chez les STG qui se pointent à dix jours de l'oral !
Après se crée la confiance, parfois même l'amitié avec certains. Trois de mes contacts réguliers sont des anciens élèves, chose impensable avec mes anciens élèves de cours. Et je les vois avec un regard différent, ces élèves qui sont tant stigmatisés et qui jouent tant de l'effet de groupe en classe. Ceux que les parents me dépeignent comme de vrais monstres insolents et rétifs s'avèrent bien souvent de gentils ados quand ils sentent que je me laisserais pas faire s'ils me cherchent. La Roxane que j'ai rencontrée la semaine dernière, élève de cinquième à qui on donnerait 17 ans, maquillée comme une bagnole volée, qui "hurle contre nous", dixit ses parents, est devenue un gros bébé en moins d'un quart d'heure.
Les parents aussi, sont à rassurer autant que leur progéniture. Souvent dépassés, parfois de bonne volonté et inquiets pour l'avenir de leur gamin (car on a toujours ceux qu'on ne voit jamais, injoignables et qui laissent l'argent sur la commode de l'entrée), ils parlent autant d'eux-mêmes que de leur gosse quand on les a au téléphone (divorce, crise d'adolescence, travail prenant, frère ou soeur difficile...), et une fois le contact passé, je suis toujours à la fois surpris et touché de l'absolue confiance qu'ils m'accordent. De manière générale, les parents d'élève sont confiants et soutiennent davantage l'enseignant que l'élève. Pourvu que ça dure. L'image de l'Enseignant persiste encore, en tout cas, même si elle est en constante évolution, remise en question, etc, Il m'est même arrivé de faire des échanges de bons procédés: le papa mécano, une réparation sur la voiture, et hop trois cours gratuits contre cette bricole..
Pour le moment, une expérience enrichissante, puisque j'en ai six réguliers par semaine. Je suppose que les aléas de la vie, tôt ou tard, me feront arrêter. Difficile de faire cours avec un bébé par exemple, mais pour le moment je continue.

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mardi 25 octobre 2011

Raisons funèbres ?

Aujourd'hui, première vraie journée de vacance. Arrivé à Paris la veille, j'étais, seul pour l'après-midi, au jardin du Luxembourg, en train de profiter d'un grand soleil tiède qui inondait la capitale, partagé entre des envies de sieste, la curiosité de regarder les gens passer en m'imaginant quelles étaient leurs préoccupations du moment et relire quelques pages de Bovary. Rien d'exceptionnel, en somme, un de ces moments dont j'avais à la fois envie et besoin: la perspective paresseuse d'un après-midi à ne rien faire d'important, entre cafés latins et librairies sorbonnagres.
C'est alors que m'est venue l'envie de partager des bribes de ce moment avec mon meilleur ami, Jean, probablement en route vers Bruxelles à l'heure qu'il était. Expression ridicule, d'ailleurs, quand on y pense. Ca veut dire quoi, meilleur ami ? Peut-on parler d'un meilleur ami plutôt qu'un autre ?
Soit. Dès qu'il décrocha, je sentis que quelque chose n'allait pas, comme s'il avait bu. Ce qui n'est pas invraisemblable dans l'absolu, mais impossible à deux heures de l'après-midi. Effectivement, il conduisait, et quelque chose n'allait pas. "Ma mère est morte dans la nuit". Le genre de phrase d'une terrible simplicité qui vient lézarder le cours de nos perceptions pour un petit moment. Nous nous sommes laissés sur quelques banalités et la promesse d'être là quand il le faudra, mais depuis, j'y pense.
J'aimerais vous raconter plein de choses sur cette dame qui nous a quittés la nuit dernière. Qu'elle préférait le thé plutôt que le café, ou l'inverse, que sa vie a été heureuse, ce qui fut probablement le cas, à quel âge elle a eu ses enfants, les petits défauts rigolos qui personnalisent les gens en les rendant attendrissants, ses opinions sur la politique, sur l'éducation... Je voudrais vous parler de l'amour qu'elle portait à ses enfants et à son homme, vous raconter les moments de joie qu'elle a pu traverser, les épreuves qu'elle a endurées et la vie riche qui fut la sienne.
Je pourrais, mais je ne le peux. Je ne l'ai pas connue, juste croisé un jour que Jean et moi nous apprêtions à monter à Paris en voiture. Je l'avais aidé à (sur)charger la bagnole, entre guitare, sacs et VTT... Ce dont je peux vous parler en détail, en revanche, c'est de l'une de ses plus belles oeuvres. L'un de ses enfants, Jean, que je suis fier d'avoir comme ami depuis quelques années.

Ce n'est pas quelqu'un d'un abord très simple, Jean, bien qu'il soit le premier surpris lorsqu'on le lui dit. Une personne avec beaucoup de charisme, un grand baraque brun aux cheveux ébouriffés, parlant peu quand on le rencontre, mais bien à chaque fois. Moi-même, quand je l'ai rencontré, dans des circonstances déjà assez stressantes, il m'avait impressionné par sa stabilité, sa confiance. Avec lui, vous sentez que vous êtes en sécurité, et qu'une parole ne sera pas trahie. Cette assurance est d'ailleurs paradoxale car à l'intérieur il n'est que curiosité, questionnement, propension vers quelque chose. Tenant à la fois du chêne et du roseau, il abrègera vite, et d'une réplique cinglante et drôle à la fois, une conversation sur des sujets qui ne l'intéressent pas, mais sera intarissable sur ceux qu'il aime et qu'il maîtrise. Ils sont d'ailleurs fort nombreux: la musique, la littérature, les voyages... Jean fait partie de ces (très très très) rares personnes à comprendre instantanément une référence littéraire. Il ne m'est plus besoin de parler beaucoup avec lui lorsque nous sommes à plusieurs dans une conversation. Un début de vers, le nom d'un personnage de roman, une date parfois, suffisent à établir une connexion, à comprendre une thématique, à lancer une idée sans qu'il soit besoin de développer. Vieux con par bien des aspects, Jean croit à des valeurs sûres. Le travail brut plutôt que le pédagogisme, l'action plutôt que les éternelles et bien souvent inutiles tergiversations ("tu procrastines, là, tu fais de la merde", comme il me le dit parfois). Il a été là à des moments qui m'ont été difficiles, il a su m'écouter et me donner son avis sans me l'imposer. C'est en grande partie grâce à lui que j'ai pris mon appart il y a bientôt deux ans de cela, c'est aussi avec lui que je me suis relevé de quelques mauvaises passes, et il fait partie de ces personnes que j'admire. Tout en étant porté vers le doute, celui est indissociable d'une grande souplesse d'esprit, il sait se donner une portée de mouvement, une latitude qui a généralement tendance à se rétrécir chez les gens au fur et à mesure que le temps passe. Bien entendu, comme nous tous il a ses faiblesses, ses points sensibles dont la simple évocation lointaine suffit à sentir, par l'inflexion d'une voix, quelques fondations de sable chez ce colosse intellectuel, fondations que le temps et la sagesse consolideront. Jean est un Homme solide, responsable, intelligent, sensible, drôle, prévenant. Rien de ce qui est humain ne lui est étranger, et je suis fier de l'avoir comme ami. Et je serai là dans deux jours, pour l'accompagner dans cette terrible épreuve.

Alors non, sa maman, je ne peux pas vous en parler autrement que par ce biais, et j'en suis désolé. Mais si l'on mesure le mérite de quelqu'un à l'aune de ce qu'il a créé sur cette terre, je peux vous assurer qu'elle était un putain de sacré bout de bonne femme. 

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samedi 22 octobre 2011

De indecisionis

Oui, de l'indécision. L'indécision, c'est de ne pas savoir choisir, c'est être suspendu entre la page que l'on vient de lire, pleine de belles images, de musicalités, que l'on regrette de quitter tant on a pris le temps de se l'approprier tout en sachant qu'elle ne prendra son sens qu'une fois qu'elle aura été reliée à celle qui arrive; et la nouvelle page que l'on redoute car elle est peut-être décevante, parce qu'elle risque de rompre une plénitude réconnfortante, un univers que l'on connaît.
C'est avoir la page suspendue, un morceau de passé vers lequel on aimerait retourner par confort, par dépit, par peur peut-être; et une page blanche pleine de virtualités, d'avenir. Ne pas savoir dire, in-dicere, car dire c'est affirmer, c'est se positionner.
Ce défaut, je m'en aperçois de plus en plus parce que la vie me remet toujours le nez dessus pour que je m'en débarasse, est l'un de mes pires. Il a des origines multiples: la peur de faire du mal aux gens que j'aime ("ah, tu veux du thé ? Bon, tant pis pour le café que je t'avais fait couler. Ah, tu le prends quand même, t'es trop chou") ; la virtualité de ce que l'on rate en choisissant une chose plutôt qu'une autre ("il est pas mal, ce café, mais le thé a l'air excellent, bien meilleur que ce café"); l'envie d'avoir le beurre et l'argent du beurre...
Il reste que cela est difficile au quotidien, et que la plupart des choses qui me font souffrir tirent leur origine dans des choses de ce genre.

coeur d'artichautIl a aussi fallu choisir, par moments, entre deux personnes. Comme me le disait une amie, cela est probablement karmique, même si la notion de destin, de personne de la vie, me laisse de plus en plus indifférent. Choisir entre une personne pleine de qualités, et une autre personne pleine de qualités aussi, mais pas les mêmes, pour résumer. L'appel de la nouveauté, la sensation de se dire que l'appel ne vient jamais de nulle part et que s'il est venu ce n'est pas pour rien (ce qui, soit dit entre nous, est un argument débile, les gens qui nous disent avec l'air assuré que "si tu as ressenti quelque chose pour quelqu'un d'autre, c'est que c'est mort avec ta/ton partenaire actuel", plus j'y pense et plus ça me paraît être de la connerie), mai la peur du feu de paille, la peur de se retrouver embringué dans une histoire qui nous dépasse tant elle aura engendré de souffrances, le risque de voir la situation se reproduire six mois plus tard avec une nouvelle nénette... Le complexe du coeur d'artichaut ? Ou de celui qui ne sait pas vraiment ce qu'il attend de ses relations, et donc de lui-même, puisqu'une relation n'est que le reflet de nos propres complexes, cf cet excellent article d'un jeune homme plein de qualités lui aussi.
Cela est plus embêtant que le choix du café ou du thé, me direz-vous..

 

imagesChoisir entre une vie et une autre, aussi, la vie de province avec toutes ses qualités, et Dieu sait qu'il y en a; et la vie parisienne qui se profile, encore de loin, certes, mais dont les lumières se laissent distinguer. Hier soir, en réunion parents-profs, j'ai eu cette sensation, en traversant le couloir et en m'arrêtant quasi-tous les trois mètres pour discuter avec tel ou tel parent dont j'avais eu le gamin par le passé, d'être à ma place, d'être apprécié, ou non, mais reconnu. J'avais plaisir à parler avec ces gens, à plaisanter avec eux, à les faire rire, à prendre de leurs nouvelles alors que je n'avais dû les croiser qu'une dizaine de minutes par le passé. La sensation d'être pleinement inséré dans un réseau social, moi le misanthrope qui suis arrivé dans ce collège en le vomissant. Dans ces moments-là je réalise être heureux, sur vraiment pas mal de plans, et cette sensation ça fait bien longtemps que je ne l'avais ressentie. Mais je ne veux pas que ce bonheur soit "le petit lambeau de bonheur" de Créon, cette "vie qu'il faut aimer coûte que coûte. Et cette petite chance pour tous les jours, si on n'a pas été trop exigeant". Je refuse aussi d' "être modeste, et me contenter d'un petit morceau si j'ai été bien sage". J'aimerais "irradier" en toutes circonstances, et non seulement si j'ai mon petit cadre quotidien. J'aimerais avoir la force d'être heureux partout, d'irradier partout, et non la perspective de me dire que je me contente de mon petit lambeau de bonheur, comme ces collègues qui se contentent de leur petit train-train immuable et médiocre. Mais ne pas partir uniquement pour me prouver des choses si j'ai la certitude d'avoir cette capacité, capacité que j'ai déjà éprouvée.
En ce moment se profile doucement cette perspective d'un choix radical. Partir ou rester. Partir, mais pour de bonnes raisons, et rester, mais pour de bonnes raisons aussi. Naturellement, il m'est plus facile de cerner les mauvaises raisons pour en déduire les bonnes.

Posté par arnheim à 09:27 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
dimanche 16 octobre 2011

Quoi de neuf ?

Plus ça va, moins je suis sur le web, ces derniers temps. Je consulte machinalement Facebook en journée quand j'ai une minute, depuis mon tléphone, sans rien poster.
Pourquoi onc ?

Parce que je n'arrête pas. J'aime bien cet article qui décrit un peu là où 'en suis, le besoin de bouger tout le temps en moins. Du coup, les priorités se rétablissent d'elles-mêmes. Je n'allume plus la télé, et je passe parfois une semaine sans allumer mon ordi, si ce n'est pour le boulot.
Résumons: le lundi, c'est priorité au collège. Préparation de cours, peaufinage des séances, correction de copies, assez rare dans la mesure où j'expédie ça dans les nombreux trous qui jonchent mon EdT*. L'après-midi, piano ou, comme ce sera le cas demain par exemple, tour des magasins pour moult devis. Je case le lundi tout ce que je n'ai pas le temps de faire le reste du temps: rendez-vous à la banque, à l'agence...
Mardi, journée de merde, 6h de cours dont 1h30 avec mes charmants DP6. Suivie d'une heure de cours particuliers auprès d'une (future) orthophoniste, qui m'a demandé des cours de grammaire intensifs. Si j'ai le temps, footing avec Audrey après.
Mercredi, 3h30 de cours au collège le matin, 4h de cours particuliers l'après-midi, dont la neurasthénique Amélie, une très gentille gamine que je suis depuis 2 ans 1/2, mais qui a un maaaaaaal, et ça fait maaaaaaal d'être plus fatigué par une heure avec elle que par les six autres de la journée !
Jeudi, 5h au collège et une heure de cours le soir. Idem que mardi, après direction footing.
Vendredi, c'est plus complexe. Des cours très lights avec beaucoup de trous, une heure de vie de classe, et après soit rentrée maison-piano-apéro-dîner-piano-dodo et 2h de cours particuliers le samedi matin. Soit direction train pour un week-end parisien qui me fait rentrer... le lundi soir.
Et quand on se cale, un cours de piano. Mon prof me charge de boulot pour la séance suivante, et c'est parti. En ce moment, c'est:

http://www.youtube.com/watch?v=QjM57rYsrWI&feature=related

(jouissif)

et

http://www.youtube.com/watch?v=PUNtGG1tH9c

(précis et rigoureux comme un Bach, que j'aime !)



Ceci dit, je ne m'en plains pas, les priorités se réagencent d'elle-même. J'angoisse à cause des travaux qu'il va falloir faire dans le studio, de ce monticule de travail inconnu qu'il va falloir faire avec grande attention parce qu'il y a de la thune en jeu (ben oui, se lancer dans l'imobilier pour se la jouer propriétaire, c'est pas rien !). Mais j'ai l'impression de retrouver des choses saines: je lis beaucoup en ce moment, bien plus ces deux derniers mois que les six précédents, et n'importe quand: dans l'avion le métro, le bus, les chiottes, entre deux cours, avec un café au coin fumeur...Je retrouve le goût de lire, je l'avais perdu je crois. Le footing aussi, je ne courais plus et sans difficulté je m'y remets, ça évacue les problèmes de sommeil. Rendre service à des amis et les revoir ponctuellement avec plaisir, profiter pleinement d'eux car je les vois moins. Retaper des vieux meubles, aussi, j'y prends goût et ça me détend.
Alors certes, cela change pas mal mes habitudes. Se sentir moins figé dans un train-train, ne plus se dire que je bosse de telle heure à telle heure avec des horaires précis qui balisent la journée, je vois mon bureau (un vieux bureau des douanes en chêne massif trouvé pour une misère sur le bon coin et retapé en bas de chez moi, dans le patio !) qui croule sous les papiers que j'y dépose à la hâte et que je mets en ordre quand j'ai dix minutes.
Et cette vie, elle me convient. Elle s'infléchit beaucoup depuis quelques semaines.
Donnez-moi de vos nouvelles, les gens que je n'ai pas vus depuis longtemps. Vous me manquez.

 

 

* Emploi du temps, pour les profanes

Posté par arnheim à 08:24 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
lundi 10 octobre 2011

Moi d'Octobre

Les partitas de Bach au piano - l'air heureux de son boulot et fier de ses poupous sur une photo de classe - la douceur d'un papier peint blanc crème le matin - une odeur de café chaud - les week-ends parisiens - refaire le monde autour d'une bière et d'un trajet en bus - un bouquet de roses - un achat d'appartement qui se concrétise - la perspective des vacances qui arrivent, vacances mi-parisiennes, mi-perpignanaises - le téléphone rempli de photos débiles - relire Des Souris et des Hommes - parler de réveillon du Nouvel-An ou de vacances au ski - reprendre le diabolo sur une plage - reprendre le footing - de vieux meubles à retaper et qui remplacent progressivement les merdes IKEA - un bonsaï ficus sur mon bureau - me demander ce que je ferai de ce bureau plus tard - réfléchir à l'avenir.

Etre bien.

Posté par arnheim à 08:01 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]